MARCVS AVRELIVS PROBVS, Empereur Romain de Juin/Juillet 276 ap. J.-C. à Septembre 282 ap. J.-C.


"Tous ceux qui ont parlé de lui ont pris soin d'observer qu'il possédait éminemment dans ses mœurs la probité qu'exprime son nom." Abbé Crevier
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Bienvenue à tous les passionnés de monnaies romaines et à tous les novices en numismatique.
Ce blog est destiné à faire découvrir les monnaies romaines de l'empereur PROBUS et permettra d'en connaitre le monnayage dans son ensemble. Au fil des articles, vous y découvrirez les monnaies de ma collection pour lesquelles les commentaires vous éclaireront sur leur iconographie mais aussi retraceront l'histoire passionnante de cet empereur militaire. La publication de monnaies inédites complètera ce travail.
Bonne lecture à tous.

PROBUS COINS

Welcome to all lovers of Roman coins and all numismatic novices. This Blog will explore Emperor PROBUS's Roman coins and understand its currency. Through articles, you'll find these coins in my collection and their reviews will tell you about their iconography, as well as the fascinating history of this military emperor. The publication of unpublished coins will complete this work. Happy reading.

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CARTE DE SITUATION DES ATELIERS MONETAIRES SOUS PROBUS

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Affichage des articles dont le libellé est Atelier de Siscia. Afficher tous les articles
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vendredi 30 décembre 2011

Un rare buste à la protomé de cheval pour un empereur invincible. (279 apr. J.-C.)

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Description :

Siscia, 279 apr. J.-C., 6e émission, 2e officine.

Avers : IMP C PROBVS PF AVG, (L'empereur César  Probus Pieux et Heureux Auguste). Buste de Probus radié, casqué et cuirassé à gauche, portant une lance sur l'épaule droite, un bouclier sur l'épaule gauche, tenant un cheval  par la bride. Une scène de Virtus orne le bouclier représentant un cavalier allant à gauche et un gorgoneion sur le plastron de la cuirasse.  (Buste Bastien : E6)

Revers : SO LI INVIC TO // XXIS,  (Le soleil invaincu de l'Auguste). Sol Invictus, la main droite levée et tenant un fouet de la main gauche, debout sur quadrige bondissant vers la gauche.

Poids : 3,59 g - Diamètre : 21 mm - Axe: 6h00 - Références : RIC n° 769 var. ( Absent avec ce buste et pour cette officine).

Commentaires :


Après ces trois premières années de victoires en Gaule et jusqu'en Germanie, cet empereur militaire aurait pu rentrer à Rome afin de célébrer  ses victoires avec tous les fastes réservés à l'éclat d'une gloire complète. Mais il voulut encore visiter toutes les provinces de l'empire afin de s'assurer de la complète intégrité de l'empire. Probus va maintenant tourner ses armes du coté de l'Orient et ainsi terminer la tache qu'il s'était fixé au tout début de son règne : redonner la sécurité et la stabilité à l'empire en déliquescence. L'année 279 sera réservé à finir de débarrasser le Nord de l'Illyrie des barbares encore en place sur le territoire.  Avec une petite partie de ses troupes, l'autre partie restant cantonnée à Siscia,  l'empereur n'eut à combattre que des ennemis désorganisés, des bandes de barbares terrifiées d'avance de ce qu'ils allaient subir. Jamais depuis cinquante ans, l'Europe Romaine n'avait autant baigné dans un tel climat de tranquillité. La paix semblait assurée et l'avenir rempli de promesses. La Gaule libérée, l'Illyrie sécurisée, il semble normal que les ateliers de Lyon et Siscia produisirent alors des monnaies aux bustes novateurs pour cet empereur semblant invincible et glorieux de toutes ses batailles. 

Le buste de cette monnaie en est une illustration parfaite : bien sur, le génie des graveurs de l'atelier de Siscia fit le reste, mais ce buste présentant l'empereur en habit militaire, son cheval à la main rappelle aussi que Probus faisait partie de l'ordre des Equites parmi lesquels il fut choisi et porté sur le trône par l'armée en  Orient. Plus qu'une reconnaissance de son travail accomplie, de son ardeur à la tache, ces buste marque le tournant de l'espoir d'un peuple qui commence à croire à la liberté retrouvée. Cette rare représentation se trouve déclinée pour d'autre revers de cette même 6e emission.

Détail du buste

samedi 8 octobre 2011

Une allégorie personnifiant Siscia, la Save et le Colapis. (277 apr. J.-C.)

 

Description :

Siscia, 277 apr. J.C., 4ème émission, 3ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste de Probus radié et cuirassé à droite. (Buste Bastien : B)

Revers : SISCIA PROBI AVG //  XXIT, ( Siscia la ville de l'empereur Probus). Siscia drapée, assise au centre sur un trône, tête et jambes tournées à gauche, tenant un diadème des deux mains. la Save à gauche et le Colapis à droite versant de l'eau d'une cruche, nageant dans les flots.

Poids : 3,77 g - Diamètre : 21 mm - Axe: 6h00 - Références : RIC n° 765

Commentaires :

Probus arrive à Siscia en 277 apr. J.-C., donnant l'occasion à la ville d'offrir une grande fête d'adventus à "l'enfant du pays", Sirmium sa ville natale n'étant pas très éloignée. Cet évènement s'accompagne d'une émission d'or attestant les fastes déployés pour cette cérémonie. Mais Probus reste préoccupé par la ratification de son titre par le Sénat.  Il décide alors de se rendre à Rome pour légitimer son règne, laissant  une partie de ses troupes dans la ville. L'atelier balkanique continuera à frapper d'abondantes émissions monétaires même en l'absence de l'empereur afin de payer les garnisons militaires restées à Siscia.

L'iconographie de revers nous offre une représentation allégorique de la ville et de deux affluents du Danube qui se réunissent à cet endroit. Cette opportunité géographique offre entre autres avantages des voies navigables qui ont permis un bon développement des échanges commerciaux de la ville.

  • Savus, la Save (Sava en langues balkaniques) est un affluent du Danube, navigable sur 593 kilomètres entre Belgrade et Sisak (anciennement Siscia). Il coule à travers quatre pays : la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie.  Il se jette avant Belgrade dans le Danube. Mesurant 945 kilomètres de long, il est le plus important affluent du bord droit du Danube.
  • Colapis, le Colapis (Kupa ou Kolpa en langues balkaniques) est une rivière confluant dans la Save à Sisak (Siscia). Elle prend sa source en Croatie et forme la frontière naturelle entre le nord-ouest de ce pays et le sud-ouest de la Slovénie. 
Cette quatrième émission est frappée dans six officines différenciées par les marques à l'exergue (P, S, T, Q, V et VI)  associées à la marque de la réforme d'Aurélien (XXI). Si nous observons la marque à l'exergue de cet exemplaire, nous constatons que la lettre Q, notant la 4ème officine, a été changée  par un T, notant la 3ème officine. Nous pouvons distinguer par ailleurs que la queue de la lettre Q antérieurement gravée reste encore bien visible. Ce changement de lettre d'officine corrigé par le scalptor (retrouvé pour un seul coin de revers du type), nous laisse penser que le même graveur fournissait des coins simultanément pour plusieurs officines, du moins pour les officines 3 et 4. Notons sur cet exemplaire une cassure de coin à 6h00. Ce revers fut émis simultanément par 4 officines : T, Q, V et VI.


 
Détail du revers

samedi 2 juillet 2011

PROBUS organise sa future campagne militaire d'Orient à Siscia (279 ap. J.-C.)




Description :
 
Siscia, 279 ap. J.-C., 6ème émission, 1ère officine.

Avers : IMP PROBVS P F AVG, (l'empereur Probus Pieux et Heureux Auguste). Buste radié et cuirassé de Probus à gauche, tenant de la main droite un sceptre posé sur l'épaule droite. (Buste Bastien : F5)

Revers : CONCORDIA MILIT // XXIP, (La concorde militaire). L'empereur debout à gauche en toge recevant un globe de la concorde debout à droite .

Poids : 4,15 g - Diamètre : 22 mm - Axe: 12h00 - Références : RIC n° 666var 


Commentaires :

Probus stationne à Siscia presque toute l'année 279 ap. J.-C. et honore son troisième consulat. Après la soumission de toutes les régions de Pamphylie et des autres provinces voisines de l'Isaurie, Probus prépare sa campagne d'Orient prévue pour la fin de l'année 279, destinée à renforcer les frontières contre les Perses qui se permettaient depuis quelques temps des incursions intempestives en territoire romain. En attendant de rassembler la totalité de l'effectif de son armée, il occupe ses hommes à divers travaux d’intérêt public, profitant  par la même occasion de sa région natale.

Cette monnaie n'est pas répertoriée dans le RIC avec ce buste codifié F5 par P. Bastien. La période correspondant à un interlude militaire avant la campagne d'Orient semble modifier la propagande monétaire. Bien qu'arborant toujours la cuirasse des bustes militaires, l'image impériale se déleste quelquefois de certains attributs devenus inutiles depuis que la paix est rétablie en Occident. De fait, l'effigie de l'empereur est soulagée de son casque et  un sceptre remplace sa lance.

Cette monnaie présente également un détail de gravure inconstant au revers. La description de la scénographie de cette monnaie semble ne pas correspondre parfaitement à celle donnée dans le RIC, signalant une poignée de main entre l'empereur et la Concorde militaire. Mais si l'on observe plus précisément cet exemplaire, on s’aperçoit qu' un objet sphérique est échangé entre les deux personnages. Il pourrait s'agir simplement d'un globule de centrage de la monnaie utilisé lors de la gravure du coin et placé exactement à cet endroit.

Détail du Buste F5

dimanche 15 mai 2011

Quand le soleil se présente de face à Siscia. (277 ap. J.-C.)





Description :

Siscia, 277 ap. J.-C., 2ème émission, 1ère officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux et heureux  Auguste). Buste de Probus radié à gauche portant le paludamentum (toga palmata) et tenant un Scipio de la main droite. (Buste Bastien : H2).

Revers : SOLI INVICTO /A// XXI, (Au soleil invaincu). Sol Invictus, la main droite levée, tenant un fouet et un globe de la main gauche, debout sur quadrige vu de face.

Poids : 4,20 g - Diamètre : 22 mm - Axe : 12h00 - Références : RIC n° 776 var 

Commentaires :

En cette année 277 ap. J.-C., Probus fait étape à Siscia avant de se rendre à Rome pour asseoir son autorité et ratifier son titre devant le sénat. Siscia, non loin de Sirmium sa ville natale, l’accueille comme un des siens, organisant une fête somptueuse afin de célébrer conjointement son arrivée et son premier consulat.

Cette monnaie, issue de la 2ème émission de Siscia est non répertoriée au RIC par la position centrale de la lettre d'officine dans le champ du revers (A pour la première officine).
Le buste consulaire est magistral avec une toge richement décorée. Probus tient de la main droite un scipio composé d'un globe surmonté d'un aigle.
Au revers, Sol, divinité majeure protégeant l'empereur est ici représenté de façon magistrale dans un quadrige de face, attestant de la place primordiale qu'il occupe dans le nouveau panthéon romain. Mais contrairement à la typologie du "quadrige éclaté", nous montrant communément Sol ayant la tête tournée vers la gauche, cette monnaie représente la divinité tête de face, révélant ainsi tous les détails de son visage et de la couronne radiée. Cette variante positionnelle se rencontre aussi à l'atelier de Rome. Le bras droit est quant à lui en position horizontale pure, coude tendu, la main ouverte, tandis que la main gauche tient un fouet et un globe, attributs du pouvoir divin pouvant varier selon les émissions comme nous l'avions déjà relevé dans un précédent article pour une monnaie de Serdica. Notons aussi une symétrie parfaite de l'attitude des chevaux du quadrige et l'absence d'une ligne d'exergue au revers. Tous ces détails de gravure contribuent à renforcer l'aspect protecteur de la divinité solaire qui accompagne le nouvel empereur dans sa croisade contre les envahisseurs barbares.


Détail du quadrige de face

vendredi 22 avril 2011

Le Soleil en quadrige accompagne l'empereur à Siscia (277 ap. J.-C.).





Description :

Siscia, 277 ap. J.-C., 4ème émission, 1ère officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux et heureux  Auguste). Buste de Probus radié à gauche portant le paludamentum (toga palmata) et tenant un Scipio de la main droite. (Buste Bastien : H2)

Revers : SOLI INVICTO AVG // XXIP, (Le soleil invaincu de l'Auguste). Sol Invictus, la main droite levée et tenant un fouet de la main gauche, debout sur quadrige bondissant vers la gauche.

Poids : 4,24 g - Diamètre : 22 mm - Axe : 12h00 - Références : RIC n° 783 

Commentaires :

Cette monnaie issue de la 4ème émission de Siscia, frappée lors du passage de l'empereur  dans la ville, organisant à cette occasion une fête magistrale, célèbre en même temps son premier consulat. En effet, Siscia  accueille Probus comme un des siens et souligne de fait par la légende de cette monnaie SOL INVICTO AVG (Au Soleil invaincu de l'Auguste) que Sol est la divinité majeure protégeant l'empereur.

Utilisée pour la première fois dans cette émission d'adventus, cette légende diffère de celle des monnaies présentant ce même type d'iconographie. Effectivement, les monnaies nous montrant Sol debout sur quadrige bondissant vers la gauche, la main droite levée et tenant un fouet de la main gauche, sont toujours accompagnées de la légende courte SOL INVICTO (au soleil invaincu). En ajoutant AVG à la fin de la légende classique, les graveurs insistent ici sur le lien étroit et permanent unissant Probus et la divinité solaire lors des batailles successives qu'il mène et ce tout au long de son règne à venir. Probus, excellent chef militaire conduisant à la victoire et à la soumission des peuples barbares ennemis de Rome, semble ne faire qu'une seule et même entité avec sa divinité personnelle. Propulsé par ses troupes à la tête de l'empire et protégé par son dieu tutélaire, il peut affronter avec sérénité le sénat romain et lui faire accepter plus facilement son nouveau statut .

Comparaison de types pour la même 1ère officine. 

Nous pouvons noter que ce type monétaire présente aussi de petites variantes iconographiques au niveau du quadrige qui le distingue du type précédemment émis:  En effet, le quadrige adopte une position plus bondissante que sur le type classique à légende SOL INVICTO, les antérieurs des chevaux étant tous repliés. La ligne d'exergue est aussi partiellement incomplète, uniquement présente sous les postérieurs des chevaux du quadrige divin. Le cheval du premier plan  tourne la tête en direction de Sol, semblant attendre ses ordres car sur ce type les rennes de l'attelage ne sont pas tenus par le conducteur divin mais simplement liés à la partie haute du chariot.
Cette monnaie se distingue donc des types similaires précédemment rencontrés non seulement par sa légende de revers mais aussi par la position des chevaux et par l'impulsion donnée au quadrige solaire.

samedi 26 mars 2011

La sécurité du siècle non répertoriée à Siscia. (277 ap. J.-C.)



Description :
 
Siscia, 277 ap. J.-C., 1ère émission, 5ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste de Probus radié, drapé et cuirassé à droite, vu de 3/4 arrière. (Buste Bastien : A2)

Revers : SECVRITAS SAECVLI // E // XXI, (La sécurité du siècle). La sécurité assise sur un trône à gauche, tenant un sceptre de la main  droite, la main gauche sur la nuque.

Poids : 4,25 g - Diamètre : 22 mm - Axe: 12h00 - Références : RIC n° 762var 


Commentaires :


La première émission de l'atelier de Siscia, reprenant à l'identique les types frappés par Florien, nous offre une image impériale de Probus quelque peu hésitante, inspirée du portrait de son prédécesseur et dans un style différent de celui des graveurs de l'atelier. En effet, Florien meurt, assassiné par sa propre armée en Cilicie dans la ville de Tarse le 5 Septembre 276 ap. J.-C. L'atelier battra monnaie pour le nouvel empereur, gardant les même types de revers que la dernière émission de Florien. K. Pink attribue cette première émission de Siscia à l'année 276 ap. J.-C., mais les nouvelles recherches nous amènent à attribuer cette émission à l'année 277 correspondant à l'arrivée de Probus dans la ville, car le style des portraits émis est bien celui des graveurs arrivant avec l'empereur des ateliers de Cyzique et de Serdica.

Cette représentation de la sécurité au revers se veut très rassurante en cette période de rebondissements politiques incessants, les empereurs se succédant à la tête de l'état depuis la mort d'Aurélien à un rythme soutenu. Lascive, une main derrière la tête,  assise négligemment sur un trône, l'image de cette sécurité inspire la quiétude aux citoyens. De même, la légende SECVRITAS SAECVLI tient à rassurer la population, comme voulait le faire Florien, sur les intentions et l'engagement de cet empereur nouvellement nommé. Ce type sera repris dans la deuxième émission de 277 ap. J.-C.

L'atelier de Siscia, ouvert depuis  le règne de Gallien, offre une production monétaire massive et variée sous celui de Probus. Comme pour Florien, cette première émission se caractérise par la frappe des monnaies dans six officines distinctes, différenciées par les lettres A, B, Γ, Δ, ε, ζ notées dans le champ, associées à la marque de la réforme d'Aurélien XXI à l'exergue. Cette monnaie est non répertoriée avec cette épigraphie de droit car elle emprunte la titulature au  RIC n° 763 pour une iconographie de revers du RIC n° 762.


Détail du revers

dimanche 20 mars 2011

Variantes positionnelles des captifs du type au trophée. (277 ap. J.-C.)



Description :

Siscia, 277 ap. J.-C., 4ème émission, 6ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux et heureux  Auguste). Buste de Probus radié à gauche portant le paludamentum (toga palmata) et tenant un scipio de la main droite. (Buste Bastien : H2)

Revers : VIRTVS PROBI AVG // XXIVI, (Le courage de Probus l'Auguste). Trophée entouré de deux captifs, les mains liées devant la poitrine.

Poids : 3,96 g - Diamètre : 22 mm - Axe: 12h00 - Références : RIC n° 820 


Commentaires :

Ce nouveau revers pour l'atelier de Siscia existe avec cette légende à partir de la quatrième émission (277 ap. J.-C) et sera frappé également pour la cinquième (278 ap. J.-C.). Communément lié à la légende VICTORIA GERM repris plus tard pour Rome, ce revers célèbre alors la victoire germanique en Gaule. Mais associé à cette légende VIRTVS PROBI AVG, vantant le courage et le génie militaire de l'empereur, l'image prend une signification beaucoup plus personnelle. Destiné au peuple et à l'armée, ce message semble clair : Probus est un excellent chef militaire conduisant à la victoire et à la soumission des peuples barbares ennemis de Rome.

L'étude de ce type de revers est très intéressante pour Siscia car il existe trois variantes de position des captifs situés de chaque côté du trophée. Effectivement, sur cet aurélianus, les captifs sont assis en symétrie par rapport au trophée, regardant vers l'extérieur, les mains liées devant la poitrine (type RIC n°820-A de ma classification, les mains ne sont jamais représentées).


Voici les variantes de positions rencontrées sur les revers des auréliani issus des deux émissions 4 et 5 de Siscia :

A - Trophée entouré de deux captifs assis, regardant devant eux, mains liées, levées devant la poitrine.
B -  Trophée entouré de deux captifs assis, le captif de gauche regardant devant lui, mains liées dans le dos, celui de droite regardant le trophée, mains liées en avant.
C- Trophée entouré de deux captifs assis, le captif de gauche regardant le trophée, mains liées en avant, celui de droite regardant devant lui, mains liées en avant sur ses genoux.

Coiffés d'un bonnet phrygien ou d'un autre couvre-chef moins volumineux comme sur cet exemplaire, les captifs sont représentés dans différentes positions selon l'imagination du graveur, le trophée restant identique (avec ou sans pointes aux lances) sur tous les revers du type.

En cette année 277 ap. J.-C., Probus arrive à Siscia, non loin de Sirmium sa ville natale. Une  fête d'Adventus est organisée  dans toute la ville afin d'accueillir dignement l'enfant du pays.  Le stationnement de l'armée dans la ville explique que la production numéraire restera importante pour cette émission, même après le départ de Probus pour Rome. Cette quatrième émission, frappée dans six officines, se distingue par les marques à l'exergue : P, S, T, Q, V et VI associées à la marque de la réforme d'Aurélien XXI.

Détail du revers.

samedi 18 décembre 2010

L'ascendance impériale affirmée dans une légende de revers à Siscia. (277 ap. J.-C.)





Description :
 
Siscia, 277 ap. J.-C., 2ème émission, 6ème officine.

Avers : IMP PROBVS INV AVG, (l'empereur Probus auguste invincible). Buste de Probus radié, drapé  et cuirassé à droite vu de 3/4 arrière. (Buste Bastien : A2).

Revers : PROVIDENTIA AVG N // XXI, (La providence de notre auguste). La providence debout à gauche, tenant une baguette de la main droite au dessus d'un globe et une corne d'abondance de la main gauche.

Poids : 3,26 g - Diamètre : 22 mm - Axe : 12h00 - Références : RIC n° 727


Commentaires :

Natif de la ville de Sirmium toute proche, Probus arrive à Siscia en avril 277 ap. J.-C, accueilli par une somptueuse fête d'adventus donnant lieu à un donativum à la hauteur des victoires militaires qu'il vient de remporter. A cette occasion, des monnaies d'or et des auréliani sont émis pour fêter cet évènement honorant la cité de ce retour au pays d'un de ses plus valeureux représentants. On constate dès lors que la qualité de gravure s'améliore lorsque Probus est présent à Siscia. De nouveaux graveurs pris à Cyzique et Serdica, arrivent avec le cortège impérial et intègrent l'atelier monétaire à ce moment précis. Mais le séjour dans la ville est de courte durée, car Probus ne fait qu'une étape au pays afin d'atteindre au plus vite Rome et faire ratifier son nouveau titre impérial par le Sénat.

Cette monnaie, issue de la fameuse Invictus-série (de la deuxième émission de Siscia décrite par K. Pink dans "Der Aufbau der Römischen Münzpragung in der Kaiserzeit") est interessante par deux particularités épigraphiques peu communes.
Tout d'abord, les monnaies de cette série se caractérisent par l'ajout dans la titulature de l'adjectif "invictus" sous l'abréviation INV (ou INVICT) et mettent en avant l'invincibilité militaire de ce général empereur. L'emploi de ce qualificatif n'est pas anodin puisqu'il évoque aussi le culte de Sol Invictus nouvellement adopté dans le panthéon romain.
La deuxième particularité de cette série est l'ajout du pronom "Nostri" dans les légendes de revers, traduisant la grande fierté de tout le peuple Illyrien à compter parmi les siens un empereur qui réussit à libérer et sécuriser le territoire romain. Ces légendes, véritables revendications de l'appartenance de Probus au pays, caractérisent les nouveaux types monétaires de la deuxième émission, marquant  ainsi  la rupture avec la première calquée sur les dernières frappes de l'atelier pour Florien. On retrouve ainsi les légendes FELICITAS AVG N, SPES AVGVSTI NOSTRI, ABVNDANTIA AVG N, VICT PROBI AVG NOSTRI, PROV PROBI AVG NOSTRI et PROVIDENTIA AVG N comme sur cette monnaie.

Il est à noter que cet aurélianus ne comporte pas de lettre d'identification d'officine, mais est assimilé à la sixième par l'étude épigraphique et stylistique. En effet, en parallèle avec les monnaies issues des six officines émettrices de Siscia (identifiées par les lettres A, B, Γ, Δ, ε, ζ), certaines d'entre elles ne comportent pas de signe distinctif, comme s'il s'agissait de considérer cette émission de célébration indépendamment des autres.

L'image de la Providence proposée sur le revers de cet aurélianus nous indique que Probus bénéficie des auspices favorables de la divinité lui procurant la réussite dans ses ambitions militaires et politiques. Propre aux stoïciens, Providentia avait une valeur indiquant une qualité inhérente à sa sagesse. Cette même qualité devint une déesse à part entière, la présentant quelquefois comme une émanation des dieux (PROVIDENTIA DEORVM) pour se transformer par la suite en une représentation de la divinité de l'empereur (PROVIDENTIA AVG). On lui éleva un autel sur lequel on sacrifiait après des évènements favorables à l'empereur et sa famille. La providence est souvent représentée sur les monnaies sous les traits d'une femme debout appuyée sur une colonne, un globe à ses pieds. Dès le IIIème siècle, la divinité indique le globe à l'aide d'une baguette comme sur cette monnaie. Lorsqu'elle porte une corne d'abondance ou des épis de blé ou se trouve près d'un modius, sa représentation évoque la prévoyance de l'empereur assurant l'approvisionnement de Rome.

Probus, porté par cette providence et la reconnaissance de ses plus proches sujets, s'en ira vers Rome pour convaincre et rassurer les sénateurs sur ses réelles intentions politiques.


Légende de revers :  PROVIDENTIA AVG N

samedi 27 novembre 2010

Le lion, le soleil et la foudre personnifient PROBUS à Siscia. (279 ap. J.-C.)




 
Description :


Siscia, 279 ap. J.-C, 6ème émission, 4ème officine.


Avers :  IMP C PROBVS P F AVG, (L'empereur César Probus Pieux et Heureux Auguste),  buste radié et cuirassé de Probus à droite, vu de 3/4 avant. (Buste Bastien : B)


Revers :  P M TR I P COS III PP // XXIQ, (Grand pontife revêtu de la puissance tribunitienne, consul pour la troisième fois, père de la patrie). Lion marchant à droite tenant un foudre dans sa gueule.

Poids: 3,53 g - Diamètre: 21 mm - Axe: 12h00 - Référence : RIC n°616 Var. (monnaie provenant de la vente CNG, EA 244 lot n°466)
 

Commentaires : 
  

Peu d'auréliani de Probus présentent des animaux sur le revers. On rencontre dans le même atelier une représentation de la louve allaitant Rémus et Romulus , symbole de Rome et un lion radié, comme sur cette monnaie, marchant à droite ou à gauche personnifiant l'empereur. Cette dernière iconographie, métaphore du pouvoir impérial, fut déjà utilisée sur des antoniniens de Caracalla à la fin de son règne (Rome, 216 ap. J.-C.) à l'occasion de son quatrième consulat. Ce type fut  réemployé dans le monnayage de Probus uniquement par les graveurs de l'atelier de Siscia marquant ses deuxième et troisième consulats. La monnaie présentée ici ne fut frappée que par la quatrième officine. Cet aurélianus  présente en outre la particularité d'être inhabituel dans le monnayage car il est daté précisément par sa légende de revers. Probus prend son troisième consulat en 279 ap. J.-C. avant de repartir en Thrace combattre d'autres peuples barbares.

Le lion, digne représentant de la force (naturelle) et du courage est emblématique du pouvoir et de la domination absolue. Il incarne les notions de bravoure, force, noblesse et souveraineté, modèles des puissants, qu'ils doivent surpasser. Associé aux héros (comme Hercule et le lion de Némée), aux empereurs et aux dieux, cet animal devient le compagnon de ceux qui règnent. Il a d'abord été leur adversaire en tant que bête sauvage : vaincu et maitrisé (certaines monnaies montrent des bustes sur lesquels Probus est coiffé de la léonté, attribut d'Hercule) il délègue ses vertus et offre sa force à ses "dompteurs". Esope évoque cette qualité dans sa fable  La lionne et le renard  : "Un renard se moquait d'une lionne qui mettait au monde un seul petit. "Un seul, répondit la lionne, mais un lion." Le mérite ne se mesure pas sur la quantité, mais sur la vertu".  Cette même vertu chère à Probus est ainsi mise en valeur une nouvelle fois par cette image animalière qui lui correspond à merveille par le biais de cette évocation herculéenne, alliant la justice à la magnanimité, le lion ne se jetant sur ses proies que si les adversaires disposent de tous leurs moyens pour se défendre ou prendre la fuite.

Ce lion, symbole de la puissance naturelle, tient dans sa gueule le foudre à double pointe, attribut suprême de Jupiter, emblème cette fois-ci de la puissance céleste offerte par les dieux au premier des romains.  Lors de son élévation au titre, l'empereur reçoit le pouvoir impérial de Jupiter et cette image du lion détenant le foudre divin semble donc associer parfaitement  les deux aspects de la toute puissance impériale nécessaire au règne de Probus.

De plus, l'évocation impériale se voit renforcée par ce halo radié, déployé au dessus de la tête de l'animal, se référant aux pouvoirs de Sol Invictus, mis en valeur dans la religion romaine de l'époque. Probus lui vouait un culte tout particulier dans la continuité des croyances d'Aurélien, qui fit entrer la divinité au rang suprême dans la hiérarchie du panthéon romain quelques temps avant. Sol Invictus, ainsi évoqué par ces rayons sur la tête du lion, garantit la pérennité de l'empire et celle de Rome, ville triomphante des villes ennemies. Sol donne l'espoir aux romains de retrouver la paix et la stabilité des territoires car le soleil accomplit le retour des saisons, symbolisant ainsi la résurrection des temps meilleurs. En parallèle avec le buste gravé sur l'avers, ce symbole solaire se décline de fait sur les deux faces de cette monnaie. 

Les trois divinités tutélaires de Probus (Jupiter, Sol Invictus et Hercule), illustrées classiquement dans son monnayage de façon dissociée sur plusieurs types  distincts  (CONSERVAT AVG) sont rassemblées ici avec cette triple évocation dans une seule et unique représentation monétaire prenant toute son importance lors du renouvellement consulaire de Probus.
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Détail du revers

mardi 23 novembre 2010

Un buste militaire de Siscia à la lance tronquée. (278 ap. J.-C.)





Description :
 
Siscia, 278 ap. J.-C., 5ème émission, 4ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS P AVG, (l'empereur César Marc Aurèle Probus pieux Auguste). Buste de Probus radié et cuirassé à gauche, tenant une lance sur l'épaule droite et un bouclier sur l'épaule gauche.  (Buste Bastien : F1).

Revers : CONSERVAT AVG // XXIQ, (Le protecteur de l'auguste). Sol nu, debout à gauche, la chlamyde recouvrant l'épaule gauche, un pan reposant sur le bras tenant un globe et la main droite levée.

Poids : 3,87 g - Diamètre : 21 mm - Axe: 6 h00 - Références : RIC n° 672 


Commentaires :

Cette monnaie est issue de la cinquième émission, frappée dans six officines. Elles se distinguent par leurs marques différentes à l'exergue : P, S, T, Q, V et VI associées à la marque de la réforme d'Aurélien XXI. Le fait que l'empereur arrive dans la ville à la fin de l'année 278 (les monnaies d'adventus l'attestent), y restant toute l'année 279 ap. J.-C. explique cette grande diversité et cette surabondance de bustes impériaux. Les scalptores nous ont sans doute laissé le portrait monétaire le plus réaliste de Probus, la présence de l'empereur dans la ville facilitant de fait la reproduction au plus juste des traits de sa personnalité. Glorifiant son image à travers de nombreux bustes exceptionnels, l'imago officielle nous montre un empereur militaire d'allure svelte, avec un visage fin et angulaire, portant une barbe et une moustache soignées et des cheveux courts et bien rangés. Cette description reflète parfaitement l'idée que l'on peut se faire d'un général Illyrien victorieux de 46 ans venant de libérer la Gaule de l'oppression germanique.
Ce buste militaire F1, sur lequel Probus apparait non casqué est le résultat de l'excellent travail des graveurs de Siscia. Mais cette monnaie a la particularité d'avoir subi une négligence de gravure sur le coin d'avers. En effet, le scalptor qui a représenté la lance située sur l'épaule droite a oublié, sans doute par inadvertance, de finir le segment en arrière du buste (souvent terminé en pointe), donnant alors l'impression que Probus porte un bâton à la place d'une arme.

Ce type de revers fut émis simultanément par plusieurs officines  de l'atelier : première (P), deuxième (S), quatrième (Q) et sixième (VI) officines. Probus est sous la protection de Sol Invictus, le dieu réintroduit par Aurélien, toujours vénéré à cette époque. La combinaison des différents bustes avec ce revers nous offre un nombre important de monnaies originales dont certaines ne sont pas décrites dans le RIC.


Détail du buste


dimanche 14 novembre 2010

La Félicité de Siscia déclinée en trois variantes dans "l'Invictus-série". (277 ap. J.-C.)





Description :
 
 Siscia, 277 ap. J.-C., 2ème émission, 1ère officine.

Avers : IMP PROBVS INV AVG, (l'empereur Probus auguste invaincu). Buste de Probus radié, drapé et cuirassé à droite (Buste Bastien : A2).

Revers : FELICITAS AVG // A // XXI, (La félicité de l'auguste). La félicité debout à gauche, tenant une patère de la main  droite  au-dessus d'un autel allumé et une corne d'abondance de la main gauche.

Poids : 3,74g - Diamètre : 22 mm - Axe: 12h00 - Références : RIC n° 679 


Commentaires :


La légende IMP PROBVS INV AVG  de cette monnaie signe  l'Invictus-série de la deuxième émission de Siscia décrite par K. Pink dans son article "Der Aufbau der Römischen Münzpragung in der Kaiserzeit" de 1949. En effet, cette série spéciale se caractérise par l'ajout dans la titulature de l'adjectif INVICTVS sous différentes abréviations : INV comme sur cet aurélianus mais aussi  INVICT. Qualifié d'invincible l'empereur est porté au même rang que le dieu Solaire dont le culte officiel fut introduit par Aurélien quelques années auparavant (Sol invictus). Cette émission trouve sa justification dans le fait que Probus arrive à Siscia en 277 ap. J.-C, accueilli par une fête d'adventus somptueuse à la hauteur des victoires militaires qu'il vient de remporter. On émet en même temps des monnaies d'or à cette occasion, considérant cet empereur comme un enfant du pays, sa ville natale Sirmium étant toute proche. On constate que la qualité de gravure s'améliore dés lors que Probus arrive dans la ville,  étant sans doute la conséquence du travail des graveurs pris dans les ateliers de Cyzique et Serdica, venus avec le cortège impérial. Cette particularité de titulature de l'Invictus-série est présente sur quatre types monétaires, repris du monnayage de Florien  : CONCORD MILIT, FELICITAS AVG, SECVRITAS SAECVLI et PROVIDE AVG.

Le type de revers présentant  l'allégorie de la félicité, symbole de la richesse inépuisable,  est décliné  en trois variantes iconographiques différentes pour la même légende FELICITAS AVG.

 De gauche à droite les variantes a, b et c.

La variante a  montre la félicité debout à gauche tenant un caducée de la main droite et une corne d'abondance de la main gauche.
La variante b, comme sur cet aurélianus présente la félicité debout à gauche tenant une patère de la main droite au-dessus d'un autel allumé et une corne d'abondance de la main gauche. 
La variante c  montre la félicité debout à gauche tenant une patère de la main droite au dessus d'un autel allumé et  un caducée de la main gauche.

Cette deuxième émission se caractérise par la frappe des monnaies dans six officines que l'on différencie par les lettres A, B, Γ, Δ, ε, ζ notées dans le champ,  associées à  la marque de la réforme d'Aurélien XXI à l'exergue. 

 Détail du revers

vendredi 5 novembre 2010

Un buste guerrier exeptionnel non codifié par P. Bastien de l'atelier de Sisica (277 ap. J.-C)





Description :

Siscia, début 277 ap. J.-C., 3ème émission, 1ère officine.

Avers : VIRTVS PROBI AVG, (La bravoure de Probus Auguste). Buste casqué, radié, cuirassé et drapé de Probus à droite vu à mi-corps, pointant sa lance en avant  du bras droit et tenant de la main gauche son bouclier, vu de l'intérieur.   (Buste Bastien : -- codifié D7 par S.Estiot)

Revers : ADVENTVS PROBI AVG // XXIA, (L'arrivée de Probus Auguste). L'empereur à cheval à gauche, levant la main droite et tenant un sceptre transversal. Devant le cheval,  un prisonnier assis avec un bonnet phrygien, mains liées dans le dos.

Poids : 3,72 g - Diamètre : 23 mm - Axe: 11h00 - Référence : RIC n° 634. (Monnaie provenant de la vente CNG, EA 243 lot n°426)


Commentaires :

Les graveurs de l'atelier de Siscia furent très créatifs et innovants. En effet, pour la première fois dans le monnayage de Probus, ils composent un buste guerrier sur lequel l'empereur est représenté à mi-corps, nous offrant de fait des détails iconographiques rarement présents sur les monnaies. Probus apparait ici radié, casqué, en habit militaire, vu de 3/4 avant, attitude laissant au graveur la possibilité de représenter le bras droit  de l'empereur dans sa totalité nous faisant découvrir aussi la face interne de son bouclier. Non seulement cuirassé, le buste est également drapé. S. Estiot et P. Gysen classeront ce buste encore absent de la codification des bustes de P. Bastien pour le monnayage radié sous le code D7 (identifié dans l'article de P.Gysen-S.Estiot "Probus Invictus Augustus" ). Cette monnaie frappée dans les deux premières officines de l'atelier n'est connue qu'à trois exemplaires pour la première officine (un exemplaire se trouve au British Museum à Londres, un autre dans la collection de P. Gysen et un troisième VEL Ancient Import XI/2008) et cinq exemplaires pour la seconde officine. On note qu'un seul coin de droit pour deux coins de revers. Cet exemplaire est frappé avec la même combinaison de coins que l'exemplaire du British Museum et celui de la collection P. Gysen.

Cette image impériale fut créé à l'occasion de la troisième émission pour fêter l'arrivée (Adventus) de l'empereur à Siscia en Avril 277 ap. J.-C.  Les nombreuses nouveautés dans l'iconographie monétaire de cette émission particulière laissent penser que la fête d'adventus de l'empereur fut magistrale, honorant comme il se doit le retour au pays d'un des plus valeureux de leurs sujets. Cette impression se voit  confirmée par une émission d'or conséquente à la même date.
Ce buste particulier en attitude guerrière, sorti de l'imagination des graveurs de l'atelier balkanique, sera repris au début de l'année 278 ap. J.-C par les artistes de l'atelier de Ticinum et ornera les médaillons frappés pour le donativum distribué dans la ville à l'occasion de la fête célébrant son adventus, sa victoire germanique et son deuxième consulat.


Buste guerrier de Probus D7

samedi 2 octobre 2010

PROBUS arrive à Siscia après le succés de ses campagnes militaires. (278 ap. J.-C.)



Description :

Siscia, début 278 ap. J.-C., 5ème émission, 6ème officine.

Avers : IMP C MAVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux et heureux  Auguste). Buste de Probus radié à gauche portant le paludamentum (toga palmata) tenant un scipio de la main droite. (Buste Bastien : H2)

Revers : VIRTVS PROBI AVG //  XXIVI, Mars casqué marchant nu à droite, portant sur l'épaule gauche un trophée et une lance transversale de la main droite.

Poids : 3,05g - Diamètre : 21 mm - Axe: 7h00 - Références : RIC n° 810


Commentaires :

 Probus fait étape à Siscia en ce début d'année 278 ap. J.C de retour de ses campagnes militaires du Rhin, et en Illyrie.  Cette  arrivée permet à la ville d'offrir à  l'empereur  une grande fête d'adventus et donne l'occasion d'organiser une libéralité fêtant son deuxième consulat et son éclatante victoire sur les Alamans en Gaule.  On frappera une émission d'or destinée au donativum, démontrant l'importance des fastes qui furent déployés à cette occasion  dans la ville et la région.

Cette cinquième émission, frappée dans six officines, se distinguent par leurs marques à l'exergue : P, S, T, Q, V et VI associées à la marque de la réforme d' Aurélien XXI. Cette monnaie côtoie les types ADVENTVS AVG et  PM TRP COS II PP émises par les autres officines, célébrant les autres évènements de la fête.

Le buste en habit consulaire rappelle que Probus entame son deuxième consulat en Janvier 278 ap. J.-C.   Le revers représentant Mars le dieu des armées et des combats, illustre un retour de campagne victorieux de l'armée conduite par son empereur issue de la région. Cette monnaie corrobore en outre le fait que la campagne germanique est bien terminée fin 277, début 278 ap. J.-C et l'empereur va passer l'année d'après dans la ville. Mars insuffle l'honneur et le courage à l'armée romaine et à son général. C'est pourquoi cette iconographie est associée à une légende vantant le courage de Probus. Les représentations numismatiques de Mars ont toutes les caractéristiques artistiques de l'art grec,  reproduisant l'Arès de la civilisation hellénique.



Détail du revers

dimanche 12 septembre 2010

La concorde de l'armée, l'atout majeur de la puissance de PROBUS (280 ap. J.-C.)





Description :

Siscia, 280 ap J.-C., 7ème émission, 3ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus  pieux et heureux Auguste). Buste consulaire de Probus radié à gauche, vêtu de la toga picta, portant un sceptre  surmonté d'un aigle (scipio) de la main droite.  (Buste Bastien : H2).

Revers : CONCORD MILIT  / T // XXI, (la concorde des soldats). L'empereur debout regardant à droite serrant la main de la concorde. La lettre T dans le champ atteste que cette frappe est issue de la 3ème officine.
Pour cette émission, les six officines se différencient par des lettres et des chiffres romains (P, S, T, Q, V, VI) suivis de la marque XXI à l'exergue.

Poids : 3,79 gr - Diamètre : 22 mm - Axe : 6h00 - Références : RIC n°650

 
Commentaires :

Probus semble invincible depuis sa prise de pouvoir, accumulant les victoires les unes après les autres. Le général victorieux, ayant libéré l'Isaurie et la Pamphylie, va par la suite en Égypte et gagne contre les Blemmyes au cours de cette année 280 ap. J.-C. Il est vrai qu'il n'était plus guère possible à cette époque de résister à son armée, constamment victorieuse depuis plus de cinq années et qui avait acquis de fait une foi inébranlable dans sa force, la rendant encore plus offensive au combat.
Probus est alors un homme heureux en cette année 280 ap. J.-C. La providence semble lui accorder la faveur d'assister au triomphe de ses œuvres. Il peut ainsi constater que l'Empire est redevenu grand et prospère grâce à ses actes politiques et militaires. Toutes les populations enfin libres acclament en sa personne le bienfaiteur du monde romain, le libérateur invincible de l'empire.
Ces victoires lui valent un tel prestige au sein de l'Empire que même le roi Sassanide Varhan II, préfère lui offrir la paix sans mener la moindre bataille. Quelques débuts de rébellions  militaires seront traitées de la même façon. Il décide d'aller s'occuper de Saturninus en Syrie, usurpateur déclaré au cours de la même l'année. Selon l'Histoire Auguste, la perspective d'affronter l'armée de Probus décidera aussi les troupes du tyran à éliminer leur chef avant de mener un combat qui semblait perdu d'avance.
Cette époque bénie où tout le monde romain jouit d'une tranquillité parfaite, où l'ordre et l'abondance règnent partout, où les frontières sont libres et sécurisées, où les révoltes militaires sont étouffées dans l'œuf et les barbares rendus impuissants pour de longues années est l'œuvre de Probus et de sa puissante armée. Elle traduit l'expression de sa ténacité, de son génie militaire et politique pour lequel le peuple l'acclame désormais et le portera en triomphe au cours de l'année suivante à Rome.

Cette monnaie de la septième émission datée de 280 ap. J.-C. est frappée une fois la paix rétablie en Égypte et sans doute après la mort de l'usurpateur Saturninus, tué par ses propres troupes en Syrie. Les troupes dissidentes se rallieront à Probus dans la concorde militaire évoquée sur cette monnaie. L'armée, conquérante et stable, s'enrichissant sans cesse de nouvelles troupes ralliées, exprime la puissance romaine retrouvée de l'époque. Ce revers présentant la concorde des armées se réfère sûrement à ce ralliement des armées dissidentes  et  celui des peuples vaincus à l'état romain. L'allégorie romaine de la concorde symbolise le maintien dans l'obéissance des peuples vaincus et la cohérence de l'armée derrière son empereur.

L'empereur décide alors de reprendre la route pour triompher à Rome, la ville éternelle pour laquelle il a su faire respecter sa puissance sur tout le territoire.
 

Détail du revers

dimanche 15 août 2010

Un faux type CALLIOPE AVG de Siscia regravé sur un Aurélianus SALVS PVBLIC de Ticinum.



Aurélianus regravé à partir d'un type  RIC n°567 de l'atelier de Ticinum

Il y a quelques temps, la photo d'un Aurélianus de Probus au type CALLIOPE AVG de l'atelier de Siscia a été postée sur un forum numismatique américain, afin d'obtenir plus de renseignements sur cette monnaie. Mais la monnaie reproduite ci-dessus est en fait une supercherie d'une grande qualité. En effet, le type  CALLIOPE AVG de l'atelier de Siscia a été obtenu en regravant un Aurélianus courant de type SALVS PVBLIC de l'atelier de Ticinum (RIC n°567, Ticinum, 279 ap. J.-C., 6ème émission, 3ème officine) avec la marque d'exergue ΓXXI. D'après mes recherches ce type, issu d'une très rare émission encore énigmatique, n'est connu qu'à six exemplaires attestés. Mais il est clair que d'autres exemplaires apparaitront au fil du temps.

Voici la démonstration que cette monnaie n'est pas un type authentique mais regravé  avec talent sur une monnaie existante :

L'AVERS :
L'étude de l'avers de cette monnaie semble indiquer que le style et la graphie des lettres correspondent à l'atelier de Ticinum. Le type étant rarissime, peu de coins ont du être gravé pour la frappe de cette monnaie. J'ai relevé seulement deux coins d'avers différents du buste consulaire et un coin pour un buste militaire.
Le buste consulaire est fin et présente une tête proportionnée sur cet exemplaire. Il semble que le manteau consulaire ait subi lui aussi quelques modifications de gravure pour en améliorer les détails. Mais le plastron central de forme circulaire sur ce buste, n'a pas la même forme que sur les exemplaires attestés de type CALLIOPE AVG. En effet, ils présentent tous un losange central, caractéristique commune des deux coins d'avers du buste consulaire. Un des rubans descendant de la couronne radiée finit sur le cou. Ce détail de gravure est absent sur les monnaies attestées.
Par ailleurs, en observant la titulature, on constate que les lettres sont aussi larges que hautes, de gravure épaisse et profonde et les M sont liés. Ces particularités graphiques nous ramènent au style de l'atelier de Ticinum, le style de Siscia offrant des lettres beaucoup plus finement gravées et de taille plus petite.

LE REVERS :
La représentation de Calliope interpelle dès le premier regard car le haut du corps de la muse ne semble pas aligné avec les jambes. Celui qui a modifié la monnaie a tenté de masquer les éléments de l'iconographie première. Cette monnaie a été engravée à partir d'un aurélianus de type SALUS PVBLIC, présentant la santé (Salus) à droite, nourrissant un serpent. Le drapé de la toge a servi à cacher la queue du serpent, la tête et la partie haute du reptile étant utilisés dans la gravure de la lyre de Calliope. Le bras droit de la muse n'a pas les proportions correctes.
La graphie de la légende n'est pas plus homogène que l'effigie. La composition de la légende SALVS PVBLIC a été intelligemment étudiée afin de pouvoir modifier au mieux la nature des caractères. Mais le style et les artefacts laissés sur les lettres ne trompe pas.
Le gamma (Γ) de la marque d'exergue à été transformé en C. De fait, la nouvelle légende n'est pas centrée et commence plus bas du coté gauche. Le S de SALVS se transforme en A, le A de SALVS en L, le L reste inchangé, le V en I, le S en O, Le P de PVBLIC ne change pas, le V se transforme en E, le B est effacé , le L devient le A , le I devient le V et le C en G.

Les différents exemplaires attestés du type CALLIOPE AUG.

Ce type fort rare manque à la collection Missong du Musée de Vienne et à la collection Pflaum de la BNF à Paris. Il présente un buste consulaire à gauche ( Buste Bastien : H2) et de titulature invariable IMP PROBVS P F AVG. Signalons, une monnaie avec un buste militaire ( Buste Bastien : E)  pour la même titulature. Le revers de légende CALLIOPE AVG nous montre la muse Calliope à droite, diadèmée, jouant de la lyre, appuyée sur son genou gauche, le pied sur un globe (?).

Notons le losange du plastron, caractéristique du buste consulaire (Buste Bastien :H2)

Calliope tient son origine de la mythologie grecque (Καλλιόπη). Elle est la muse de la poésie épique et de la grande éloquence. Fille de Zeus et de Mnémosyne, le front ceint d'une couronne d'or, elle serait  la muse dominante parmi les huit autres de ses sœurs.

Cette monnaie fut mentionnée pour la première fois au cours du XVIIIème siècle par A. Banduri (1718) et H. Tanini (1791), décrite par J. Eckhel en 1797.  H. Cohen signale deux fois le type (1865 et 1886) et la classe parmi les monnaies d'une rareté extraordinaire (Cohen n° 83). P. Webb ne la signale pas dans le RIC, (1933) n'ayant eu sous les yeux qu'un faux apparu à cette période. K. Pink la signale dans la note n°18 p 49 de sa publication "Der aufbau der Romischen Münzpragung in der kaiserzeit : VI/ 1 Probus",  NZ, Wien 1949.
A. Alfoldi, ayant étudié les deux exemplaires des collections Gnecchi et Weifert  en attestera finalement l'existence réelle.

 De même coins d'avers et de revers que l'exemplaire vendu par Lanz. 

Les exemplaires connus de ce type sont au nombre de six : deux dans les collections des musées nationaux  (dont nous n'avons pas les photos) et quatre dans des collections privées. L'exemplaire de la collection Gnecchi est maintenant au musée national de Rome. Celui de la collection Weifert est à Belgrade. Deux autres exemplaires ont été vendus par la maison Lanz (Vente Auction 100, 20.11.2000, lot n°419) et par  CNG (Vente Triton IX, 10.09.2006, lot n°1512). Deux autres exemplaires privés sont apparus sur internet, dont une monnaie, dans un état médiocre mais particulièrement intéressante car elle présente un buste militaire (Buste Bastien : E), ce qui laisse penser que la production, même très limitée, fut plus importante que ce qu'on pouvait l'imaginer.

Unique exemplaire avec un buste militaire (Buste Bastien : E) pour ce type.

Quelques hypothèses ont été formulées pour tenter d'expliquer cette émission autant exceptionnelle qu'inhabituelle : l'apparition de ce type présentant la muse de la poésie épique en pleine période d'invasions barbares et de guerre civile est troublante au regard des autres représentations de l'époque.
Le fait qu'aucune marque d'exergue ne soit gravée, contrairement à toutes les monnaies issues de l'atelier de Siscia, semble en faveur d'un type expérimental ou d'un module frappé pour célébrer un évènement précis. Eckhel explique l'existence de ce type comme une sorte d'hommage rendu par la ville à l'excellence militaire et à la Virtus de l'empereur. En effet, cette monnaie semble avoir été émise à l'automne 278 ap. J.-C., lorsque Probus passe par Siscia, victorieux de ses campagnes militaires lancées sur le limes du Rhin  en Gaule et en Rhétie contre les Francs et les Alamans, les Goths, les Burgondes et les Vandales. Un triomphe fut sans doute fait à l'enfant du pays. Il lancera sa campagne d'Orient juste après.
Une autre hypothèse explique qu'un poème épique narrant les victoires héroïques et la bravoure de Probus, fut publié à cette époque. Cette littérature ayant déplu à l'armée et à l'empereur, la production du type monétaire en fut rapidement arrêtée.

Coin d'avers différent, même coin de revers que les autres exemplaires