MARCVS AVRELIVS PROBVS, Empereur Romain de Juin/Juillet 276 ap. J.-C. à Septembre 282 ap. J.-C.


"Tous ceux qui ont parlé de lui ont pris soin d'observer qu'il possédait éminemment dans ses mœurs la probité qu'exprime son nom." Abbé Crevier
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Bienvenue à tous les passionnés de monnaies romaines et à tous les novices en numismatique.
Ce blog est destiné à faire découvrir les monnaies romaines de l'empereur PROBUS et permettra d'en connaitre le monnayage dans son ensemble. Au fil des articles, vous y découvrirez les monnaies de ma collection pour lesquelles les commentaires vous éclaireront sur leur iconographie mais aussi retraceront l'histoire passionnante de cet empereur militaire. La publication de monnaies inédites complètera ce travail.
Bonne lecture à tous.

PROBUS COINS

Welcome to all lovers of Roman coins and all numismatic novices. This Blog will explore Emperor PROBUS's Roman coins and understand its currency. Through articles, you'll find these coins in my collection and their reviews will tell you about their iconography, as well as the fascinating history of this military emperor. The publication of unpublished coins will complete this work. Happy reading.

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CARTE DE SITUATION DES ATELIERS MONETAIRES SOUS PROBUS

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dimanche 11 juillet 2010

L'offrande du globe nicéphore par Jupiter à Probus (280 ap. J.-C.)





Description :

Antioche, 280 ap. J.-C,  2ème émission, 4ème officine. 

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux et Heureux Auguste) ; buste de Probus radié, drapé et cuirassé à droite. (Buste Bastien : A)

Revers : CLEMENTIA TEMP // Δ // XXI (La clémence des temps). L'empereur à gauche portant un sceptre de la main gauche surmonté d'un aigle  et recevant un globe nicéphore de Jupiter nu à droite portant  un sceptre de la main gauche.
Poids : 3,74g - Diamètre : 22mm - Axe : 6h00 - Référence  RIC n° 922


Commentaires : 

La production de l'atelier est faible et compte seulement deux émissions séparées de trois années d'inactivité, frappant seulement trois types iconographiques de revers très voisins pour deux titulatures d'avers différentes  : IMP C M AVR PROBVS P F AVG et IMP C M AVR PROBVS AVG. La deuxième émission  de 280 ap. J.-C. emploie neuf officines contrairement à la première qui n'en emploie que huit. Ces émissions de l'atelier d'Antioche, comme celle de Tripolis sa voisine sont de types et styles artistiques peu originaux. Ces monnaies sont destinées à alimenter le trésor de l'armée afin que ce dernier puisse payer la solde des légions basées dans la région. Les frappes reprennent  le dernier revers employé pour Tacite avec la légende CLEMENTIA TEMP et  propose juste deux variations  iconographiques du type : l'Empereur est toujours à gauche portant un sceptre et recevant soit un globe simple, soit un globe nicéphore de Jupiter à droite portant lui-même un sceptre. 

Le globe nicéphore présent sur cet aurélianus d'Antioche a son individualité significative et n'est pas une simple variation du globe céleste. On observe souvent, comme dans cette émission d'Antioche, que le globe simple et le globe nicéphore sont deux insignes impériaux distincts, employés simultanément dans la même émission alors qu'un simple type de globe suffirait à faire passer le même message iconographique. Or le message est différent. L'offrande du globe simple  traduirait que l'empereur reçoit le pouvoir de Jupiter, le globe symbolisant la sphère céleste, alors que la réception du globe nicéphore justifie et garantit son pouvoir universel et sa victoire sur le monde (grace à ses combats militaires), à plus forte raison lorsqu'il est offert par Jupiter en personne comme le montre cet aurelianus. Dans ce cas, le globe pourrait symboliser la terre sur laquelle la victoire est installée.
De fait, ce globe nicéphore fait passer un message plus évocateur de par son origine historique. En effet, la Victoria romaine assimilée à la Niké grecque, peut être confondue avec l'Athena Niké ou associée aux dieux dits nicéphores comme Zeus (Jupiter), bien présent sur ce revers. La victoire reposant sur un globe, marche en brandissant une couronne portant une palme sur l'épaule gauche, bien souvent synthétisée d'un simple trait sur les représentations minuscules des revers monétaires. L'apparition de cette représentation sur les monnaies romaines coïncide (en 29 av. J.-C.) avec le transfert à la Curia Iulia de la statue représentant la victoire sur un globe consacrée à Tarente par Pyrrhus en souvenir de sa bataille d'Héraclée. La Victoire qui recevait des offrandes et les libations des sénateurs avant de siéger,  était installée près d'un autel dans la curie. C'est aussi à cet endroit que l'on prêtait serment de fidélité à l'empereur.
La représentation monétaire du globe nicéphore ne se modifiera guère jusqu'à la fin de l'empire. Le message que délivre cet échange d'attribut, passant des mains de Jupiter à celles de l'empereur , restera un symbole  limpide de la justification politique par la religion.


Détail de l'échange du globe nicéphore entre Probus et Jupiter


samedi 1 mai 2010

Tableaux des émissions d'auréliani de l'atelier d'Antioche

 

Histoire de la ville :

Antioche (Antakya) située en Syrie, qu'il ne faut pas confondre avec Antioche de Pisidie (Turquie), fut comme cette dernière fondée par Séleucus Nicator (312-280), grand constructeur et ancien général d'Alexandre le Grand. Son nom est inspiré du nom de son père Antiochus. L'emplacement fut choisi de façon judicieuse : en effet, la ville est construite près de la rive gauche du fleuve Oronte, à environ 15 km de la mer Méditerranée. Le fleuve établit un pont commercial entre la ville et tout le bassin occidental de la Méditerranée :  le port de Séleucie (du nom de Séleucus) est placé au carrefour des routes des caravanes d'Orient, en relation avec Babylone, la Perse et l'Inde.
 
Après la conquête romaine de 64 av. J.C. par Pompée le Grand, Antioche devient la capitale de la province de Syrie conservant son surnom de « Couronne de l'Orient ».  La ville s'étend avec l'empereur Tibère vers le nord et reçoit une enceinte de protection. Son centre est marqué par une avenue très large comportant 3 200 colonnes, presque parallèle à l'Oronte. Antioche compte alors presque 500 000 habitants et devient la troisième ville de l'empire romain derrière Rome et Alexandrie.

Mais la ville subit un premier séisme en 37 ap. J.C. Caligula  fait restaurer les monuments  de la mégapole et construit un aqueduc et des thermes à Daphné. Titus y ajoutera un théâtre à proximité et Domitien l'enrichit d'autres thermes, d'un temple dédié à Asclépios (en latin Æsculapius, dieu de la médecine), d'un nouveau pont et d'un cirque pour les jeux. C'est alors que survient un autre tremblement de terre important en 115 ap. J.C : Trajan, présent dans la ville  échappe au péril de justesse. Il décide alors de la rebâtir. L'empereur Hadrien continuera les travaux urbains embellissant la ville en la dotant de deux temples voués à Arthémis  (assimilée à Diane pour les romains) et à Trajan divinisé. Entre 162 et 166 ap. J.C., Lucius Vérus séjourne essentiellement à Antioche pour mener la guerre contre les Parthes. Antonin le Pieux fait d'Antioche une colonie lui conférant les droits italiques. Marc-Aurèle, son fils adoptif, fait restaurer les thermes et construire le Nymphée, une fontaine monumentale.  Commode construit de nouveaux thermes si monumentaux que l'empereur Caracalla s'en servit pour donner ses audiences, mais élève aussi des temples à Jupiter Olympien  et à Athéna (Minerve) ainsi que le stade couvert Xytos.


Ruines romaines de la ville d' Antioche

En 193-194 ap. J.C. la cité se range du coté de son gouverneur Pecennius Niger au cours de la guerre civile qui l'oppose à Septime Sévère. Après la victoire de ce dernier, Antioche sera punie et rétrogradée au rang de simple bourg du territoire de Laodicé. Mais elle retrouve rapidement son statut de cité et de capitale de la Syrie. Mieux encore, avec la multiplication des conflits entre les empires Romain et Parthe, puis Sassanide, Antioche devient de plus en plus souvent la résidence impériale et la base arrière des campagnes romaines en Mésopotamie : Caracalla, Macrin, Elagabale, Alexandre Sévère, Gordien III, Philippe Ier, Valérien, Aurélien, Probus, Carus, Dioclétien, Galère Maximin et Maximin Daia y séjournèrent.
Lors de l'invasion de la Syrie par les Perses Sassanides de Shapur Ier en 252, la cité, sous le commandement d'un notable (Mariadès), collabore un temps avec les Perses. Mais les Perses se ravisent et saccagent la ville de fond en comble, allant même jusqu'à déporter en Iran une grande partie de la population. Antioche sera reconstruite par Valérien, mais reprise par les Perses en 260. Au IVème siècle, elle retrouve son importance, et abrite la résidence impériale de Constance Galle vers 350 ap. J.C. En 387 ap. J.C., un nouvel impôt déclenche la « révolte des statues », durant laquelle la population renversa les sculptures représentant la famille impériale.
Antioche joua aussi un grand rôle dans l'histoire de christianisme. L'apôtre Paul y fit plusieurs séjours et dirigea la communauté religieuse. Une communauté chrétienne s'y développera progressivement. Antioche restera une ville enviée, présentant une urbanisation somptueuse, un atout commercial indiscutable et une influence religieuse qui ne fera que grandir pour servir l'empire romain.

L'atelier :

La production de l'atelier d'Antioche est relativement faible sous Probus, l'atelier Syrien n'ayant pas émis de monnaie pendant une grande partie du règne de l'empereur (de 277 à 279 ap. J.C.). Cet atelier émettra des aurei et des auréliani.
Les titulatures des monnaies sont longues (IMP C M AVR PROBVS PF AVG et IMP C M AVR PROBVS AVG), le style rude et l'iconographie assez pauvre, n'offrant que trois types de revers différents pour deux légendes (CLEMENTIA TEMP et RESTITVTOR ORBIS). les types nous présentent l'empereur Probus faisant face à Tyché avec une couronne ou  se trouvant face à Jupiter tenant un foudre et un globe ou bien encore un foudre et un globe nicéphore (globe surmonté d'une victoriola tenant une couronne). 
Comme pour l'atelier de Tripolis, la production ne compte que deux émissions en 276 et en 280 ap. J.C. La première émission (276) n'est frappée que dans huit officines. A sa réouverture, coïncidant avec le passage de l'empereur dans la ville, l'atelier frappe monnaie dans neuf  officines lors de la seconde émission: elles sont notées A, B, Γ, Δ, ε, ζ, Z, H et εΔ.
La lettre d'officine est généralement située au revers entre les deux personnages dans le champ de la monnaie, plus ou moins suivie d'un point. La marque de la neuvième officine qui devrait être le θ est substituée par les deux lettres εΔ . En effet, le θ étant la première lettre du mot grec signifiant la mort, il était de pratique courante dans le monnayage d'Antioche de la remplacer par pure superstition. Notons qu'à la reprise d'activité de l'atelier en 280, il existe des marques d'officine s'inspirant de l'atelier de Tripolis (notées avec un croissant, une étoile dans le champ et la marque de valeur KA). Ceci est surement la conséquence de fréquents déplacements de graveurs d'un atelier à l'autre.
Le type propagandiste CLEMENTIA TEMP, frappé dans toutes les officines simultanément est émis lors de la première émission de 276. Il sera repris à la réouverture de l'atelier en 280 avec l'ajout du globe nicéphore dans les mains de Jupiter. Les officines changeront dans la même année de type et de légende de revers en émettant les auréliani RESTITVT ORBIS, comme pour affirmer que les temps heureux espérés sont enfin arrivés avec l'empereur Probus, le restaurateur du monde.


Tableau des émissions des auréliani d'Antioche
(Cliquez sur le tableau pour l'agrandir)



dimanche 21 mars 2010

La clémence des temps de l'atelier d'Antioche (276 ap. J.C)





Description :

Antioche, 276 ap. J.C,  1ère émission, 1ère officine. 

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux et Heureux Auguste), Buste de Probus radié, drapé et cuirassé à droite. (Buste Bastien : A)
Revers : CLEMENTIA TEMP // A• // XXI , (La clémence des temps). L'empereur à gauche portant un sceptre de la main gauche surmonté d'un aigle  et recevant un globe de Jupiter nu à droite portant  un sceptre de la main gauche.
Poids : 3,54g - Diamètre : 22mm - Axe : 11h00 - Référence :  RIC n° 920


Commentaires : 

Probus se trouve en Syrie avec ses troupes au cours de cette année 276 ap. J.C. Les soldats de son armée sont payés par ces émissions des ateliers d'Antioche et de Tripolis toute proche, reprenant comme unique légende le dernier revers frappé pour Tacite de légende CLEMENTIA TEMP. 
Cette légende propose deux iconographies différentes : l'Empereur est toujours à gauche portant un sceptre et recevant de la main de Jupiter soit un globe, soit un globe surmonté d'une victoire, Jupiter à droite portant lui-même un sceptre. La première émission de 276 ap. J.C. à laquelle appartient cette monnaie est produite dans huit officines tandis que la deuxième émission de 280 ap. J.C. emploie neuf officines. On peut distinguer deux phases dans cette première émission : une phase dans laquelle les lettres d'ateliers situées dans le champ sont seules et une seconde dans laquelle les lettres sont accompagnées d'un point (A•, B•, Γ• etc...). Les marques d'officines sont notées exclusivement dans le champ de la monnaie. A, B, Γ, Δ, ε, ζ, Ζ, H et εΔ. Le signe εΔ désignant la neuvième officine pour la deuxième émission remplace le Θ probablement par superstition car c'est la première lettre du mot grec θανατοζ (mort). A l'exergue, on retrouve le signe de la réforme monétaire d'Aurélien (KA ou XXI plus couramment).
Comme nous l'avons déjà remarqué, l'atelier Syrien d'Antioche  a une variété artistique assez pauvre et un style de gravure rude. La production est faible et compte seulement deux émissions séparées de trois années d'inactivité, nous offrant seulement trois types d'iconographies de revers pour deux titulatures d'avers différentes (IMP C M AVR PROBVS P F AVG et IMP C M AVR PROBVS AVG).




 L'empereur recevant un globe de la main de Jupiter

mardi 29 décembre 2009

4 - Revers RESTITVT ORBIS pour l'atelier d'Antioche



Antioche, 280 ap J.C., 2ème émission, 9ème officine

Description :

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, ( L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux et Heureux Auguste), Buste de Probus radié, drapé et cuirassé à droite. (Buste Bastien : A)
Revers : RESTITVT ORBIS // εΔ // XXI , (Le restaurateur du monde). Femme (Tychè, victoire ?) à gauche couronnant l'empereur à droite tenant un globe de la main droite et une lance de la main gauche.
Poids: 4,14g - Diamètre: 21mm - Axe: 12h00 - Référence :  RIC/925 


Commentaires : 

L'atelier Syrien d'Antioche qui émettait des Aurei et des Aureliani a eu une production assez faible puisqu'elle compte seulement deux émissions : la 1ère émission en 276 avec huit officines et la deuxième émission en 280 ap J.C avec 9 officines.
Les marques d'émissions dans l'ordre des officines sont : A, B, Γ, Δ, ε, ζ, Ζ, H et εΔ. Le signe εΔ désignant la neuvième officine remplace le Θ probablement par superstition car c'est la première lettre du mot grec θανατοζ (mort). Cette pratique superstitieuse est courante à Antioche sur d'autres monnayages. les légendes de droit sont longues et au nombre de 2 : IMP C M AVR PROBVS P F AVG et IMP C M AVR PROBVS AVG.
On note simplement trois revers différents pour les Auréliani de cet atelier, à savoir :
  • CLEMENTIA TEMP ; on note deux iconographies possibles pour cette légende : 
Empereur à gauche portant un sceptre et recevant un globe de Jupiter à droite portant un sceptre ;
Empereur à gauche portant un sceptre et recevant un globe nicéphore de Jupiter à droite portant un sceptre.   
  • RESTITVT ORBIS ; une seule iconographie :
Femme debout à gauche présentant une couronne à l'empereur qui porte un globe et un sceptre.

On peut se poser la question de l'identification de ce personnage féminin couronnant l'empereur. Il pourrait s'agir de la victoire (Tychè). Ce type d' allégorie présente sur le monnayage de Probus rend les honneurs à l'empereur victorieux de ses batailles. Il devient le restaurateur du monde "romain" chassant les barbares des territoires repris.

Antioche, 280 ap. J.C., 2ème émission, 3ème officine
Le portrait de Probus est traité par les graveurs d'Antioche de façon assez rude, avec une arcade sourcilière rigide et un profil très angulaire.

Antioche, 280 ap. J.C., 2ème émission, 8ème officine (Vente Triton VIII, n°2079)