MARCVS AVRELIVS PROBVS, Empereur Romain de Juin/Juillet 276 ap. J.-C. à Septembre 282 ap. J.-C.


"Tous ceux qui ont parlé de lui ont pris soin d'observer qu'il possédait éminemment dans ses mœurs la probité qu'exprime son nom." Abbé Crevier
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Bienvenue à tous les passionnés de monnaies romaines et à tous les novices en numismatique.
Ce blog est destiné à faire découvrir les monnaies romaines de l'empereur PROBUS et permettra d'en connaitre le monnayage dans son ensemble. Au fil des articles, vous y découvrirez les monnaies de ma collection pour lesquelles les commentaires vous éclaireront sur leur iconographie mais aussi retraceront l'histoire passionnante de cet empereur militaire. La publication de monnaies inédites complètera ce travail.
Bonne lecture à tous.

PROBUS COINS

Welcome to all lovers of Roman coins and all numismatic novices. This Blog will explore Emperor PROBUS's Roman coins and understand its currency. Through articles, you'll find these coins in my collection and their reviews will tell you about their iconography, as well as the fascinating history of this military emperor. The publication of unpublished coins will complete this work. Happy reading.

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CARTE DE SITUATION DES ATELIERS MONETAIRES SOUS PROBUS

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Affichage des articles dont le libellé est Atelier de Rome. Afficher tous les articles
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dimanche 1 mai 2011

Changements iconographiques et épigraphiques à l'atelier de Rome lors de la deuxième emission. (277 ap. J.-C).







Description :

Rome, Printemps 277 ap. J.-C., 2ème émission, 1ère phase, 1ère officine (?).


Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'Empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste radié et cuirassé de Probus à droite vu de 3/4 en avant, tenant une lance et un pan de l'égide sur l'épaule gauche, un gorgonéïon sur le plastron de la cuirasse. (Buste Bastien : F9)

Revers : ROMAE AETERNAE // R, (A la Rome éternelle). Roma assise dans un temple, tenant une victoriola de la main droite et un sceptre de la main gauche.


Poids : 3,94 g - Diamètre : 22 mm - Axe: 6h00 - Référence : RIC n° 191, MPR n°79 (2 exemplaires dans le trésor de La Vénéra)


Commentaires :
 
Cette seconde émission d'auréliani frappée à Rome correspond à l'arrivée de Probus dans l'Urbs et se termine à la fin de cette même année. Probus passe par Rome dans le but d'obtenir la ratification du Sénat  pour son titre d'empereur mais aussi tente de rassurer la population romaine sur sa politique ambitieuse.
  
L'apparition de nouveaux bustes dans cette première phase de la deuxième émission de Rome, comme le buste F9 de cette monnaie, coïncide aussi avec la multiplication des bustes exceptionnels dans le répertoire iconographique des autres ateliers (à l'atelier de Ticinum pour la 3ème émission, et à celui de Lyon pour les 4ème et 5ème émissions).  Ces fameux bustes d'effigies, vantant la Virtus militaire de Probus attestent que la propagande impériale se met en place efficacement, dans les différents ateliers au même moment, célébrant de fait le premier consulat de l'empereur. Également, les revers sont tous remplacés par de nouveaux types monétaires et les légendes d'avers se multiplient.

Notons la présence sur ce buste d'une tête de gorgone sur la cuirasse. L'apparition de ce détail de gravure semble de la même valeur que l'égide (dont on distingue un pan sur l'épaule gauche du buste de cette monnaie), emblème du pouvoir universel transmis par Jupiter. Pierre Bastien pense qu'à partir de l'époque de Gallien, le gorgonéïon, attribut d'Apollon est aussi lié au pouvoir de Sol.

Les monnaies émises sans marque d'officine, notées simplement R à l'exergue sont issues de la première phase de cette deuxième émission. Ces monnaies pourraient correspondre à des frappes de célébrations destinées aux distributions lors de cérémonies ou à l'occasion de l'adventus de l'empereur ou bien encore lors d'une célébration du temple de Rome. La deuxième phase se différencie par l'ajout  après le R d'une lettre grecque d'officine ( A, B, Γ, Δ, ε, ζ, et Z).



Détail du buste F9


samedi 22 janvier 2011

Sol Invictus protège PROBUS à Rome (276 ap. J.-C.)




Description :

Rome, Automne 276 ap. J.-C., 1ère émission, 2ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste de Probus radié, cuirassé à droite (Buste Bastien : B).

Revers : CONSERVAT AVG // XXIB, (Au protecteur de l'auguste). Sol Invictus, nu,  debout de face tourné à gauche, la chlamyde sur l'épaule gauche, levant la main droite et portant un fouet de la main gauche.

Poids : 3,89 g - Diamètre : 21 mm - Axe: 12h00 - Références : Type RIC n°673 (Siscia),  MPR n°4, (34 exemplaires dans le trésor de La Venera).


Commentaires :

Au début de l'été 276 ap. J.-C., Probus, proclamé empereur par son armée en Syrie, part se mesurer à Florien, nouvellement nommé par le sénat de Rome. Mais ce dernier, assassiné par ses propres troupes, meurt à Tarse. Dès lors, l'atelier de Rome commence  à émettre des monnaies à l'effigie du nouvel empereur au début de l'automne 276 ap. J.-C.

Cette monnaie est absente du RIC car P.H. Webb répartit la première émission de Rome à tort à l'atelier de Siscia. S. Estiot et P. Gysen ont reclassé les frappes de la première émission de l'atelier de Rome, la divisant en deux phases distinctes dans un article de la Revue Numismatique (RN 2006, p.231-257). La différenciation entre ces deux phases se fait par la taille du grènetis, les monnaies de la deuxième phase présentant un grènetis plus gros que celles émises lors de la première. Cette monnaie est issue de la première phase.
L'émission compte sept officines notées par les lettres grecques: A, B, Γ, Δ, ε, ζ, et Z. Ces lettres se trouvent à l'exergue ou dans le champ de la monnaie associées à la marque XXI de la réforme monétaire d'Aurelien, mais la marque de la réforme disparait dès la deuxième émission de l'atelier. Lors de cette première phase de la première émission, la plus longue des deux puisqu'elle se poursuit jusqu'en février 277, chaque officine est dévolue à la frappe d'un type de revers principal et un autre revers annexe. C'est ainsi que la première émission de Probus joue la continuité des types, reprenant presque à l'identique les revers du monnayage de Florien, étant lui-même une continuité de celui de son frère Tacite. Dans cette deuxième officine, on frappe les revers CONSERVAT AVG, nouveau pour l'officine, qui frappe encore des  revers LAETITIA FVND en continuité du monnayage de Florien, insistant sur le rôle protecteur de Sol, dont le type se différencie du type vainqueur oriental de celui des monnaies d'Aurélien (comme Sol écrasant un barbare sur les types ORIENS AVG ou SOL INVICTO). Sol Invictus (Hellios en Grèce), fut représenté sous les traits d'un jeune homme dans la force de l'âge, d'une très grande beauté, la tête sertie de rayons, formant sa chevelure d'or. Chaque matin, précédé par le char de l'aurore, il s'élance sur une route étroite qui suit la voute céleste. C'est pourquoi il tient un fouet sur cette monnaie, attribut lui servant à diriger les quatre chevaux de son char.
Le portrait de Probus, avec un long cou, caractéristique de l'atelier romain est  immédiatement ressemblant, sans phase d'adaptation, prouvant ainsi que la propagande de l'imago impériale fut rapidement diffusée dans la Rome de l'époque.


Détail du revers

samedi 8 janvier 2011

La victoire germanique de PROBUS commémorée lors du triomphe de Rome. (281 ap. J.-C.)





Description :

Rome, Printemps 281 ap. J.-C., Janvier 282 ap. J.-C., 6ème émission, 1ère officine.

Avers : IMP PROBVS P F AVG, (L'empereur Probus pieux et heureux Auguste). Buste  radié et cuirassé de Probus à droite vu de 3/4 en avant. (Buste Bastien : B)
 
Revers : VICTORIA GERM // R (foudre) A, (La victoire germanique). Trophée anthropomorphe avec deux captifs au pied, les mains liées dans le dos.

Poids : 3,64 g -  Diamètre : 21 mm - Axe : 12 h00 -  Référence : RIC n° 220, MPR n° 470 (110 exemplaires présents dans le trésors de La Venera)



Commentaires :

L'avers  de cette monnaie présente un buste cuirassé de Probus remplissant toute la surface du flan. La réduction du diamètre des aureliani intervient à Rome à partir de la phase 3.3 (décrite par J. Guillemain dans son ouvrage MPR), le  réduisant en moyenne d'un millimètre. L'effigie de droit et l'iconographie de revers sont de fait plus serrées sur le flan. En conséquence, on note aussi une diminution de la longueur de la titulature. Ces caractéristiques semblent être le résultat direct d'une évolution  technique de fabrication des flans, le diamètre diminuant tandis que le poids de la monnaie reste inchangé. 
En observant le buste de Probus, on constate que la propagande impériale impose aux citoyens "l'imago"  d'un homme aux sourcils épais, aux arcades anguleuses, avec des cheveux courts et une barbe de quelques jours. Ce rude portrait dépeint un chef d'armée partageant avec ses soldats les dures conditions de vie et l'inconfort des campagnes militaires. Ces caractéristiques nouvelles des bustes impériaux, apparaissant sur les monnaies depuis Claude II, témoignent de la vigueur physique de ces empereurs Illyriens, actifs sur le terrain au coté de leurs troupes et de fait peu présents à Rome dans les fastes de leurs palais. Leur place est au sein de l'armée, assurant le commandement militaire des batailles qu'ils mènent afin que les lauriers de la victoire finale leurs reviennent pleinement.

Cette monnaie de l'année 281 ap. J.-C. commémore la victoire germanique de Probus en Gaule :  l'empereur  s'arrête à Lyon et divise ses forces en deux groupes au printemps 278. Une partie de son armée, conduite par des généraux, se dirige vers la Narbonaise et l'Espagne pour refouler les Alamans. Probus, lui, se dirige vers le Nord, repoussant les germains de la rive gauche du Rhin en Germanie supérieure. La Gaule est enfin libérée de l'envahisseur au cours de l'été 278 ap. J.-C. Cette victoire éclair illustre son génie militaire. Le trophée (Tropaevm) du revers, monument érigé sur la place même ou avait été remportée une victoire, était primitivement formé d’un tronc de chêne, arbre sacré des Italiotes, autour duquel on attachait des objets ennemis et aux branches duquel on suspendait quelques armes appartenant aux vaincus que l’on brisait souvent. la présence des deux captifs au pied du trophée augmente le caractère triomphal du symbole.

Cette émission de fête, émise à son retour de la campagne d'Orient, est une des plus volumineuse émissions d'auréliani de l'atelier central, comprenant aussi des frappes d'aurei et de quinaires d'or,  de médaillons et de moyens bronzes, de quinaires de bronze et de deniers destinées au donativum distribué lors de ce grandiose triomphe. Chaque officine frappe un type qui lui est propre. L'émission se caractérise par un foudre intercalé à l'exergue entre un R, initiale de la ville émettrice (Rome) et une lettre variable identifiant les sept officines frappant pour l'atelier, soit R(foudre)A, R(foudre)B, R(foudre)Γ,  R(foudre)Δ, R (foudre)E,  R(foudre)ζ et R(foudre)Z. Ce foudre, attribut de Jupiter, est habilement choisi pour cette émission du triomphe impérial, marquant de fait la suprématie et la grandeur militaire de Probus depuis le début de son règne, rappelant aussi qu'il est le représentant terrestre de la puissance jovienne.  

Détail de l'avers

dimanche 31 octobre 2010

Continuité de l'emploi du type Adventus à l'atelier de Rome (278 - 279 ap. J.-C.)





Description :

Rome, fin 278- début 279 ap. J.C., 3ème émission, 7ème officine. 

Avers : IMP PROBVS AVG, (L'empereur Probus Auguste). Buste radié et cuirassé de Probus à droite. (Buste Bastien : B).

Revers : ADVENTVS AVG // R✶Z, (L'arrivée de l'auguste). Probus à cheval marchant à gauche, la main droite levée et tenant un sceptre transversal de la main gauche. A ses pieds,  un captif, mains liées,dans le dos, portant un bonnet phrygien.

Poids : 3,89g -  Diamètre : 23 mm - Axe : 6h00 -  Référence : RIC n°157 -  MPR n°341 - (26 exemplaires dans le trésor de La Vénéra)


Commentaires :


 Le mot  "adventus" présent dans l'épigraphie de certaines monnaies permet le plus souvent de retracer le parcours de l'empereur dans les différentes villes d'émission. Ces légendes accompagnent une iconographie montrant l'empereur arrivant à cheval dans la ville de façon glorieuse. Cette scène semble correspondre au début des festivités organisées lors de la visite de l'empereur, durant lesquelles des monnaies étaient frappées et distribuées à la foule lors de donativa.

Mais les émissions du type adventus durent quelquefois beaucoup plus longtemps que la durée réelle de présence de l'empereur dans la ville. C'est pourquoi cette monnaie d'adventus peut interpeller sur le vrai sens de la légende de revers. Car effectivement fin 278, début 279 ap. J.-C. Probus n'est plus à Rome. Arrivé entre Mai et Juillet 277 ap. J.-C. dans la ville, il en repart  rapidement pour affronter les Alamans en Gaule à la fin de l'année, après avoir ratifier  son titre au sénat. La durée de son passage à Rome est courte, juste le temps nécessaire pour régler les affaires qui nécessitent obligatoirement sa présence (ratification, restitution des privilèges au Sénat). On peut donc se demander pourquoi ces types perdurent si longtemps dans les émissions de Rome.  Ce type de monnaie pourrait être frappée simplement en mémoire de la visite de l'empereur dans la ville se différenciant des monnaies d'adventus effectives qui contiennent en plus le nom de l'empereur dans la légende de revers : ADVENTVS PROBI AVG.
 
Au moment de l'émission de cette monnaie, Probus libère vaillamment  la Gaule des Germains en été 278 ap. J.C. et  demande aux vaincus de lui fournir 16 000 hommes parmi les plus braves et les plus jeunes, pour servir dans l'armée romaine. Il les affectera dans différentes garnisons pour éviter toutes rébellions futures (cf. article historique.). On peut donc à nouveau s'interroger sur l'emploi  à ce moment précis de ce type monétaire à l'atelier de Rome. Par extension de l'imagerie populaire, ce type peut  simplement  symboliser la liberté retrouvée d'un territoire grâce à l'action militaire menées par l'empereur, le captif au sol représentant le peuple vaincu. Ce type montrant l'empereur triomphant, arrivant sur le territoire libéré  par ces troupes pourrait être employé comme métaphore de la victoire et de la domination romaine rétablie.

Cette troisième émission de Rome s'identifiant par une étoile entre un R signifiant Rome et la lettre d'identification des sept officines différentes est notée à l'exergue R✶A,  R✶B,  R✶F,  R✶Δ, R✶E, R✶ζ et R✶Z. Notons que la marque de la réforme de l'antoninien XXI pour l'atelier romain a disparu depuis la première émission de Rome.


Détail du revers

dimanche 24 octobre 2010

La bravoure de l'auguste célébrée devant un trophée anthropomorphe (277 ap. J.-C.)






Description :

Rome, 277 ap. J.-C., 2ème émission, 1ère officine.


Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste  radié et cuirassé de Probus à droite vu de 3/4 en avant avec pan du paludamentum sur l'épaule gauche. (Buste Bastien : A)

Revers : VIRTVS AVGVSTI // R, (La bravoure de l'Auguste). L'empereur debout à gauche, posant la main droite sur un trophée et tenant de la main gauche un sceptre transversal. A gauche du trophée, un prisonnier assis avec un bonnet phrygien, mains liées, tournant la tête vers l'empereur.


Poids : 4,15 g - Diamètre : 22mm - Axe: 6h00 - Référence : RIC n° 243var . MPR n° 77


Commentaires :
 
Commençant au Printemps 277 ap. J.-C qui coïncide avec l'arrivée de Probus dans la capitale, la deuxième émission de l'atelier se terminera à la fin de cette même année. Tout juste victorieux des Goths, ayant reconquis soixante villes en Gaule et massacré 400 000 barbares, Probus et son armée repoussent le reste des envahisseurs au delà du Jura Souabe et du Neckar. Selon l'Histoire Auguste, l'empereur militaire est maintenant prêt à s'attaquer de la même manière aux invasions Germaniques (des Alamans et des Juthunges) sur le limes Rhénan. Contemporaine de la campagne germanique du Rhin et du Danube, que Probus mènera donc juste après son passage dans la ville, cette émission finit avant la conclusion victorieuse de la campagne. La victoire ne sera célébrée que plus tard sur les types de la troisième émission (type VICTORIA GERM). En 277 ap. J.-C., Probus passe par Rome dans le but d'obtenir la ratification du Sénat  pour son titre d'empereur mais aussi  tente de rassurer la population romaine sur sa politique ambitieuse. 

On retrouve sept exemplaires dans le trésor de La Vénéra identique à cet aurélianus de la deuxième émission de Rome. Cette deuxième émission, riche de dix bustes et de six nouveaux types de revers est le résultat d'un nouveau programme iconographique mis en place par l'administration monétaire exaltant la bravoure militaire de Probus et célébrant ainsi son premier consulat. De par son buste de droit, comportant un pan du paludamentum sur l'épaule gauche (Buste A),  elle n'est pas répertoriée dans le RIC. 

La scène de revers nous montre un empereur victorieux, dominant les peuples barbares qu'il vient de battre en Gaule, plantant ou posant un casque sur un trophée militaire, symbole de la victoire et de la reddition de l'ennemi. Ce trophée était érigé à l'endroit même où avait été remportée une victoire, sur l'emplacement où avait eu lieu le combat. Formé d’un tronc d’arbre, sur lequel on suspendait quelques armes appartenant aux vaincus (que l’on brisait souvent) est certainement d’origine  hellénique.  Cette représentation nous montre, aux pieds de ce trophée anthropomorphe un captif assis, les mains liées, renforçant le caractère suprême de la victoire romaine sur un autre peuple ainsi soumis.

La deuxième émission  de Rome compte deux phases distinctes :
La première phase de l'émission est notée R (pour Roma, la cité émettrice) à l'exergue des monnaies. Cet aurélianus est issu de cette phase (phase 1a du MRP). On voit ainsi disparaître la marque d'exergue XXI, présente pour la première émission, notifiant la réforme monétaire d'Aurélien.
La deuxième phase de cette deuxième émission, compte sept  officines, toujours notées R, mais cette fois  accolée avec des lettres latines et grecques : R et RA, RB, RF, RΔ, Rε, Rζ, RZ.


Détail du revers

mercredi 25 août 2010

Jupiter, seul maître du destin impérial à Rome. (281 ap. J.-C.)




Description :

Rome, Automne 281 ap. J.-C., début 282 ap. J.-C., 6ème émission, 2ème officine.

Avers : IMP PROBVS P F AVG, (L'empereur Probus pieux et heureux Auguste). Buste  radié et cuirassé de Probus à droite vu de 3/4 en avant. (Buste Bastien : B)
 
Revers : IOVI CONS PROB AVG // R (foudre) B, (A Jupiter le protecteur de l'empereur Probus). Jupiter nu debout à gauche, tenant un foudre de la main droite et un sceptre long de la main gauche.

Poids : 3,89 g -  Diamètre : 21 mm - Axe : 6 h00 -  Référence : RIC n° 173, MPR n° 471 
123 exemplaires dans le trésor de La Vénéra



Commentaires :

Cette sixième émission de Rome (classement Pink) se caractérise par un foudre à l'exergue entre un R signant la ville d'émission (Rome) et une lettre variable d'identification des sept officines de l'atelier, soit R(foudre)A, R(foudre)B, R(foudre)Γ,  R(foudre)Δ, R (foudre)E,  R(foudre)ζ et R(foudre)Z. Chaque officine frappe un type qui lui est propre. Elle correspond à une émission de fête célébrant le triomphe de Probus dans la ville à son retour de la campagne d'Orient. Elle est une des plus volumineuse frappe d'auréliani, mais aussi d'aurei,  de médaillons et de moyens bronzes de l'atelier, comportant aussi des quinaires et des deniers destinées au donativum distribué à cette occasion.
L'avers nous présente un buste cuirassé de Probus remplissant toute la surface du flan. En effet, une réduction du diamètre des aureliani intervient à Rome à partir de la phase 3.3 décrite par J. Guillemain dans son ouvrage MPR. La surface se réduit en moyenne d'un millimètre et induit en conséquence une diminution de la taille de l'effigie de droit et de l'iconographie de revers avec un raccourcissement de la titulature. Cette caractéristique semble être la conséquence d'une évolution technique de frappe par une modification dans le processus de fabrication des flans bien que le poids de la monnaie soit toujours respecté. 

L'image de Jupiter au revers de cette monnaie s'impose dans l'émission de Rome car sa vénération dans la capitale, qui abrite le plus ancien temple de Jupiter sur le Capitole n'a pas failli tout au long des années. On constate qu'il existe une dualité durant tout le monnayage, opposant le dieu des dieux de la religion romaine archaïque avec le dieu Sol Invictus nouvellement importé d'Orient et remis à la mode par Aurélien. L'ancienne et la nouvelle divinité du paganisme romain coexistent dans la religion du IIIème siècle et leurs représentations monétaires se distribuent savamment  selon les ateliers de frappe. 

Jupiter Capitolin reste le plus grand, maître des dieux de la religion romaine, le dieu du ciel et de la terre. Ancienne divinité Etrusque, Jupiter fut d'abord vénéré comme le dieu des phénomènes atmosphériques, lumière, tonnerre et foudre, sous le nom de Jupiter Elicius. Il fut par la suite pourvu de nombreuses fonctions, intégrant dans son culte les petites divinités locales italiennes comme le relève le grand nombre de surnoms qu'il porta : Tonans, Fulgurator, Pluvius, Latinus, Soter, Fulminator etc... Il forme avec Junon son épouse et sa fille Minerve la triade Capitoline qui protégeait la ville et veillait sur la stabilité de l'état romain. Il fut aussi le dieu politique garant des lois et des traités, légitimant les guerres et les combats que décidaient les empereurs et le Sénat. Il est vraisemblable que Probus lors de son triomphe ne dérogea pas à la règle voulant que lors d'un triomphe public, l'empereur alla dans le temple Capitolin déposer des lauriers sur les genoux de la statue de Jupiter, signifiant ainsi que seul le dieu des dieux permettait d'être victorieux, légitimant ainsi la puissance de l'empereur. Il protège l'empereur comme le signifie la légende de cette monnaie et de fait lui donne sa puissance.
Issu de la mythologie grecque, l'image du  foudre est l'œuvre des Cyclopes Brontès (Stéropès et Argès), ouvriers qui obéiront au dieu forgeron Héphaïstos. Ils en feront don à Zeus (Jupiter chez les romains) et deviendra avec le tonnerre et l'éclair son attribut symbolisant sa puissance céleste. On dit aussi que le premier détenteur du foudre fut Cronos, qui le détenait comme l'emblème de son pouvoir sur le feu céleste. Le Titan détrôné le remit à Zeus.

C'est donc aussi cet emblème qui fut choisi pour marquer cette frappe particulière, de fête et de triomphe à Rome en cette année 281 ap. J.-C. Ce symbole de la puissance divine gravé à l'exergue des monnaies de cette émission rappelle au peuple et à l'empereur que les victoires militaires ne sont possibles qu'avec la volonté du dieu tout puissant, seul maître de la grandeur des hommes de pouvoir qui le servent.


Détail de Jupiter au revers

dimanche 8 août 2010

La valeur militaire impériale présente à Rome pour la deuxieme émission (277 ap. J.-C.)





Description :

Rome, 277 ap. J.-C., 2ème émission, 5ème officine. 

Avers : IMP C M AVR PROBVS P F AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus pieux et heureux Auguste). Buste consulaire radié à gauche de Probus  portant la toga palmata (trabea) et le scipio, sceptre surmonté d'un aigle. (Buste Bastien : H2)

Revers : VIRTVS AVGVSTI // Rε, (La bravoure de l'Auguste). Roma debout à gauche en habit d'amazone, la main droite sur un bouclier à terre et  tenant une lance de la main gauche.

Poids : 3,94 g - Diamètre : 22mm - Axe:12h00 - Référence : RIC/n°234.


Commentaires :
 
Cet aurélianus, pour lequel on retrouve 12 exemplaires dans le trésor de La Venera est issu de la deuxième émission. Commençant au Printemps 277 ap. J.-C pour l'arrivée de Probus dans la capitale, l'émission se termine à la fin de la même année. Elle est contemporaine de la campagne germanique du Rhin et du Danube que Probus mène, après son passage dans la ville. Mais cette frappe finit avant la conclusion victorieuse de la campagne qui sera célébrée sur les types de la troisième émission par les revers VICTORIA GERM. Probus passe par Rome afin d'obtenir la reconnaissance du sénat mais aussi pour rassurer la population de l'Urbs sur ces intentions politiques. Tout juste victorieux des Goths avec sa puissante armée, ayant reconquit soixante villes en Gaule, massacré 400 000 barbares et repoussé le reste au delà du Jura Souabe et du Neckar selon l'Histoire Auguste, l'empereur militaire est maintenant prêt à s'attaquer de la même manière aux invasions Germaniques (des Alamans et des Juthunges) sur le limes Rhénan.


Cette deuxième émission de Rome, riche de dix bustes différents et de six nouveaux types de revers est la conséquence d'un vaste programme iconographique, mis en place par l'administration monétaire afin de célébrer le premier consulat de Probus, exaltant sa Valeur militaire qui laisse présager ses futurs succès au combat. Ce buste de droit en habit consulaire (H2) richement orné et de gravure soignée nous permet de voir tous les détails décoratifs de la trabea.
La deuxième émission compte deux phases, la première phase étant notée à l'exergue R (pour Roma, la cité émettrice). Cette émission voit aussi la disparition de la marque de la réforme monétaire d'Aurélien notée XXI  qui était présente pour la première émission. La deuxième phase de la deuxième émission, dont cette monnaie est issue, compte sept  officines, notées R, mais cette fois suivie de lettres latines et grecques : R et RA, RB, RF, RΔ, Rε, Rζ, RZ.

La personnification de la Virtus tient son origine d'une religion connue sous la République, où elle est représentée soit seule, soit apparentée à d'autres divinités similaires. Certains numismates y voient une représentation de Mars, d'autres simplement un soldat symbolisant l'armée entière, ou bien encore une femme debout casquée (Roma), en habit d'amazone, un sein nu, tenant un bouclier et une lance. Cette dernière interprétation décrivant Roma, vêtue d'un Chîton court, frappée simultanément dans trois officines (A, B et ε) semble la plus probable pour ce type. On retrouve la légende VIRTVS AVGVSTI associée avec le type  représentant Mars marchant à droite, un trophée sur l'épaule, révélant ainsi l'hésitation des graveurs du IIIème siècle entre l'emploi de la personnification féminine et masculine de la Virtus militaire, qualité masculine  et guerrière mais dont le mot est de genre féminin.
Au temps de la République Cicéron  disait : "La sagesse et l'intelligence nous sont venues des dieux et c'est pour cette raison que nos ancêtres ont consacré et publiquement honorés Mens, Fides, Virtus, Concordia. Comment pourrait-on nier ces divinités, puisque nous les vénérons sous la forme d'images augustes et saintes ?". Les lois des douze tables relatives au culte des dieux célestes, citent  aussi ces personnifications, Mens, Virtus, Pietas et Fides et proclament que "Par elles l'homme s'élève jusqu'au ciel ; les temples auxquels elles ont droit sont justement refusés aux personnifications des vices." En 243 av. J.-C., on construisit des temples doubles pour honorer Virtus et Honos après des victoires militaires importantes.
Sous l'empire, les calendriers mentionnent une fête en l'honneur des deux divinités que l'on célébrait le 29 Mai. Le culte de Virtus associé à Honos et groupées en cortège avec Mars a une signification militaire dominante.

Cette représentation semble donc ici se rapporter aux actes glorieux du nouvel empereur qui  a déjà une belle carrière militaire victorieuse derrière lui. C'est grâce à cette valeur  militaire et morale que l'armée le porta au pouvoir quelques mois auparavant. Cette Virtus militaire rassure la population, sans cesse pillée par les  barbares et affirme que le nouvel empereur, présent à la tête de l'armée, est bien décidé à rectifier cette situation traumatisante.


Détail du buste

samedi 10 juillet 2010

Typologie impériale sur les revers des monnaies de Probus issues de l'atelier de Rome



Type 10 sur un aureus


Le monnayage de l'atelier de Rome offre aux numismates une grande diversité dans les représentations de Probus tout au long de sa glorieuse carrière militaire. On ne compte pas moins de dix-neuf types différents comportant aux revers une mise en scène de l'empereur sortant de l'imagination créatrice des graveurs romains. Les différents types participent à la propagation des faits d'armes, relatant les victoires, la bravoure et la religion impériale. Les avers des monnaies proposent déjà des bustes impériaux en tenue militaire, drapés ou encore en tenue consulaire avec une foule de variantes d'attributs et de positions donnant  au final un  nombre important de monnaies originales par émissions.
Mais cette succession de bustes de droit ne suffisait pas à transcender l'imago impériale : les revers appuient eux aussi la diffusion des orientations politiques, relatant les combats de Probus contre les différents peuples ennemis qui bravent les limes de l'empire.

La typologie de parade mettant en scène l'empereur semble être l'unique sujet de revers de cet atelier. On peut en effet dégager une constante typologique nous montrant l'empereur  arrivant à pied ou à cheval, en vainqueur universel, saluant la foule lors d'un adventus ou recevant un globe d'une divinité. Le peuple vaincu est alors symbolisé en position inconfortable par un captif assis au sol, tête baissée et mains liées dans le dos. Ces différentes images glorieuses arrivent à un moment où le peuple à besoin d'être rassuré sur le choix, certes judicieux, de l'armée ayant porté sur le trône un empereur issu du rang militaire sans consultation sénatoriale préalable. Ces monnaies sont, de nos jours comme à l'époque, à la manière d'un livre d'histoire, une suite narrative de ses vaillants succès militaires au travers de ses différentes campagnes de sécurisation du territoire romain.

Voici une liste descriptive des différents types monétaires de l'atelier de Rome sur lesquels Probus est  représenté. Les revers marqués d'un astérisque ont un buste lauré au droit et ne font donc pas partie de la typologie des auréliani.
 
De gauche à droite : Types 1 et 2

1- L'empereur debout à droite, tenant de la main droite une lance pointée en avant et un globe de la main gauche. 

2- L'empereur debout à gauche entre deux enseignes, la main droite levée, tenant un sceptre de la main gauche.

3- L'empereur marchant à gauche, posant la main droite sur un trophée et tenant de la main gauche un sceptre transversal. A gauche du trophée, un prisonnier assis avec un bonnet phrygien, mains liées, tournant la tête vers l'empereur.

4- L'empereur à cheval allant à gauche, la main droite levée et un sceptre à la main gauche ; devant, le cheval un prisonnier assis avec un bonnet phrygien, les mains liées.

5- L'empereur marchant à gauche tenant un globe de la main droite et une lance de la main gauche. 

6*- L'empereur à cheval allant à gauche, la main droite levée et tenant un sceptre de la main gauche.

7*- L'empereur à cheval allant à gauche, la main droite levée et tenant un sceptre de la main gauche, une victoire le précédant, tenant une couronne, suivi d'un soldat portant une enseigne et un bouclier.

8*- L'empereur à cheval allant à droite menaçant de sa lance trois ennemis à terre.

9*- L'empereur à pied allant à gauche, tenant un sceptre de la main gauche entouré de deux  groupes de  prisonniers.

10*- L'empereur assis à gauche, tenant un sceptre court de la main gauche recevant de Mars un globe. couronné par une victoire derrière lui. Au second plan deux soldats portant un enseigne.

11*- L'empereur debout à droite, recevant une victoriola de Rome assise à gauche, tenant un sceptre ; derrière l'empereur un soldat et deux enseignes au second plan.

12*- L'empereur à cheval allant à droite, transperçant un ennemi avec une lance ; un autre ennemi à terre sous le cheval. 

13*- L'empereur à cheval allant à droite, un bouclier au bras gauche, conduisant deux prisonniers, l'un portant un bonnet phrygien, marchant entre les pattes avant du cheval, l'autre nu, sur le flanc droit de l'empereur, semblant être tenu par les cheveux.

14*- L'empereur, la main droite levée, sur un quadrige allant à gauche, couronné par la victoire, précédé d'un personnage féminin et accompagné de trois hommes portant des palmes.

15*- L'empereur debout à droite, couronné par la victoire, recevant un globe de Rome assise à gauche, tenant une corne d'abondance ; au second plan, Felicitas tenant un caducée.

16*- L'empereur couronné par la victoire sur un char tiré par six chevaux,  accompagné de soldats.

17*- L'empereur debout à gauche sur un podium, au côté du préfet du prétoire plaidant, la main droite levée, l'armée représentée de groupes de trois soldats de part et d'autre tenant leurs enseignes.

18*- L'empereur de face, avec le préfet du prétoire parlant à ses soldats accompagnés de quatre prisonniers dont deux sont agenouillés. 

19*- L'empereur à droite parlant à dix soldats disposés à gauche et à droite.


De gauche à droite : types  3 et 4


mercredi 7 avril 2010

Une réduction du diamètre de l'aurélianus à l'atelier de Rome (281 ap. J.C)





Description :

Rome, 280 ap. J.C., 5ème émission (selon Pink) ou Printemps 281 ap. J.C., 3ème phase, 3ème série (selon MPR /3.3), 5ème officine.

Avers : IMP C PROBVS AVG, (L'empereur César Probus Auguste). Buste consulaire radié de Probus à gauche vu de 3/4 en avant, tenant le scipio (sceptre court surmonté d'un aigle) de la main droite (Buste Bastien : H2). Le manteau consulaire est ici une toga picta (trabea) caractérisée par ses bandes ornées de dessins géométriques.

Revers : SOLI INVICTO // R (couronne) E , (Sol invincible). Quadrige bondissant à gauche dirigé par Sol, la main droite levée, un fouet et un globe dans la main gauche.
Poids : 3,51g -  Diamètre : 20 mm - Axe : 12h00 -  Référence : RIC n° 201, MPR n° 430
7 exemplaires dans le trésor de La Venera.


Commentaires :

Cette cinquième émission de Rome (classement Pink) se caractérise par une couronne à l'exergue entre un R signant la ville d'émission (Rome) et une lettre variable d'identification des sept officines de l'atelier, soit R(couronne)A, R(couronne)B, R(couronne)Γ,  R(couronne)Δ, R (couronne)E,  R(couronne)ζ et R(couronne)Z.

Selon J. Guillemain, cette monnaie est émise à l'occasion de l'arrivée (adventus) de Probus à Rome au printemps 281, lorsqu'il revient d'Orient, quelques mois avant les fêtes de son triomphe organisées dans la ville (été 281). L'avers nous présente un buste consulaire rappelant par la même occasion son IIIIème consulat de 281. Ce buste est de taille réduite avec une légende courte à l'avers. En effet, une réduction du diamètre des aureliani  intervient à Rome à partir de cette phase (phase 3.3 décrite par J. Guillemain, MPR). Le diamètre des flans se réduit en moyenne de 1 millimètre  avec pour conséquence directe une réduction de la taille des effigies de droit et de l'iconographie de revers. Remarquons que ces monnaies légèrement réduites en taille, présentant une couronne à l'exergue, ont une meilleure qualité de frappe et un centrage presque toujours parfait. Mais la réduction de diamètre n'induit pas pour autant une réduction du poids de la monnaie. Il est même légèrement supérieur en moyenne aux monnaies précédentes, frappées sur un flan plus large, présentant une étoile ou un croissant à l'exergue. Cette caractéristique semble être due à une évolution technique de la frappe ou bien à une modification dans le processus de fabrication des flans.

Le revers nous offre une vision de Sol s'élevant dans le ciel, propulsé par son attelage.  En effet, Le quadrige solaire prend son envol vers la gauche en direction de l'occident, les chevaux en pleine ascension reposent sur leurs  membres postérieurs tendus. Les revers en l'honneur de Sol sont frappés pour les 2ème, 3ème et 5ème officines en continuité des émissions précédentes. L'iconographie de revers de cette émission offre de nouveaux types pour les 2ème, 5ème et 6ème officines. Notons que la marque de la réforme de l'antoninien XXI pour l'atelier romain n'est présente que pour la première émission.


Comparaison de taille des flans : a gauche 24mm/3,41g à droite 20mm/3,51g.

dimanche 14 mars 2010

La vertu militaire réattribuée à la première phase de la première émission de Rome (276 ap. J.C)

Rome, 1ère émission, phase 1, 6ème officine.

Description :

Rome, Automne 276 ap. J.C., phase 1 de la 1ère émission, 6ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'empereur césar Marc Aurèle Probus auguste). Buste de Probus radié, drapé et cuirassé à droite (Buste Bastien : A2).

Revers : VIRTVS AVG // XXIζ, (Le courage de l'auguste). L'empereur debout à droite en habit militaire, tenant un globe de la main gauche et pointant sa lance en avant de la main droite.
Poids : 4,14g - Diamètre : 22 mm - Axe: 12h00 - Références : RIC/- 


Commentaires :

Probus proclamé empereur au début de l'été 276 par son armée en Syrie part se mesurer à Florien, nouvellement nommé par Rome. Mais ce dernier meurt assassiné par ses propres troupes à Tarse. L'atelier de Rome commence alors à émettre des monnaies à l'effigie du nouvel empereur dès que la nouvelle de la mort de Florien arrive dans la ville, c'est à dire au début de l'automne 276 ap. J.C.
Cette première émission de Probus joue la continuité des types, reprenant presque à l'identique les revers de Florien, son monnayage étant lui même la continuité de celui de son frère Tacite. Le portrait de Probus est toutefois immédiatement ressemblant, ne subissant pas de phase d'adaptation portraitaire comme on peut le constater antérieurement pour les autres empereurs du IIIème siècle. Ceci nous prouve que l'image (imago) de ce général militaire fut rapidement et habilement diffusée dans la Rome de cette époque.

Cette monnaie inédite du RIC (P.H. Webb répartissant cette première émission de Rome à tort pour Siscia) est  encore difficile à classer exactement. En effet, Sylviane Estiot et Philippe Gysen qui ont remis de l'ordre dans la classification de la première émission de l'atelier de Rome (RN 2006, p.231-257) ne donnent qu'un seul indice pour différencier les deux phases de l'émission ; la différence se fait par l'observation de la taille du grènetis, les monnaies de la deuxième phase ayant un grènetis plus gros que celles émises lors de la première. Cette monnaie présentant un grènetis de taille normale est donc attribuée à la première phase.
Cette première émission compte sept officines notées par les lettres grecques: A, B, Γ, Δ, ε, ζ, et Z. Ces lettres se trouvent à l'exergue ou dans le champ de la monnaie associées à la marque XXI de la réforme monétaire d'Aurelien. Cette marque de réforme disparait dès la deuxième émission de l'atelier. Lors de cette première phase de la première émission, la plus longue des deux puisqu'elle se poursuit jusqu'au début 277, chaque officine est dévolue à la frappe d'un type de revers principal, associée parfois  à un autre revers annexe. C'est dans la sixième officine que l'on frappe ce revers VIRTVS AVG vantant les qualités militaires du nouvel empereur général des armées. Le revers nous montre Probus, tenant un globe, symbole de la domination universelle, sa lance pointée en avant. De son courage militaire découle la protection de l'empire et du peuple romain. La deuxième phase reprendra ce revers et  P M TR P COS PP comme les deux seuls types frappés et répartis dans les sept officines, réduisant ainsi la variété de l'iconographie de l'empereur.

L'empereur au revers tenant un globe et une lance. A l'exergue XXIζ.

dimanche 21 février 2010

PROBUS, victorieux des Germains sur un Aurélianus de Rome (278 ap. J.C)


 Aurélianus de Rome, 278 ap. J.C.
Description :

Rome, 278 ap. J.C., 3ème émission, 1ère officine.

Avers : IMP PROBVS AVG, (L'empereur Probus Auguste). Buste radié et cuirassé de Probus à droite. (Buste Bastien : B).

Revers : VICTORIA GERM // R✶A, (La victoire sur les Germains). Trophée avec deux captifs au pied.
Poids : 4,05g -  Diamètre : 23 mm - Axe : 12h00 -  Référence : RIC n°222

Cette troisième émission de Rome se caractérise par une étoile à l'exergue entre un R signifiant Rome et la lettre d'identification des sept officines différentes, soit R✶A,  R✶B,  R✶F,  R✶Δ, R✶E, R✶ζ et R✶Z. Notons que la marque de la réforme de l'antoninien XXI pour l'atelier romain n'est présente que pour la première émission.

Commentaires :

Cette monnaie de 278 ap. J.C. célèbre la victoire de Probus lors des guerres germaniques de 277 ap. J.C. : En effet, l'empereur passe les Alpes en 277, s'arrête à Lyon et divise ses forces en deux groupes au printemps 278. Une partie de son armée avec des généraux se dirigent vers la Narbonaise et l'Espagne pour chasser les Alamans. Probus, lui, se dirige vers le Nord repoussant les germains de la rive gauche du Rhin en Germanie supérieure. 
La Gaule est libérée en été 278 ap. J.C. Probus demande aux Germains de lui fournir 16 000 hommes parmi les plus braves et les plus jeunes, pour servir l'armée romaine en les séparant dans les différentes garnisons pour éviter toutes rébellions. (cf. article historique.)

Le trophée (Tropaevm) du revers célèbre la victoire sur les invasions des germains en Gaule. C'est un monument érigé sur la place même ou avait été remportée une victoire ou, en cas de combat naval, sur la pointe de terre la plus voisine de celle ou avait eu lieu le combat. Il était primitivement formé d’un tronc de chêne, arbre sacré des Italiotes, autour duquel on attachait des objets ennemis et aux branches duquel on suspendait quelques armes appartenant aux vaincus que l’on brisait souvent : ce sont les fameux trophées anthropomorphes, faits de troncs d’arbres dépouillés sur lesquels on laissait deux branches à la même hauteur, ce qui leurs donnait une forme de croix. Cette armature servait de support aux armes, armures et boucliers pris aux vaincus de façon à ressembler à un guerrier armé.

 Détail du trophée pour la victoire germanique

dimanche 31 janvier 2010

Rome éternelle sur un Aurélianus de l'atelier de Rome (277 ap. J.C.)



 Rome, 277ap. J.C. 2ème émission, 1ère officine


Description :

Rome, 277 ap. J.C. 

Avers : VIRTVS PROBI AVG, (le courage de Probus Auguste). Buste de Probus à gauche, caqué, radié, cuirassé, portant un bouclier de la main gauche (décoré de globules), une lance sur l'épaule droite. (Buste Bastien : E).

Revers : ROMAE AETERNAE // R, (à Rome éternelle). Rome assise  tenant une victoire et un sceptre dans un temple à six colonnes. La lettre R pour cette monnaie et RA pour d'autres notent la même 1ère officine. En effet, cette émission compte 7 officines différenciées par des lettres latines et grecques : R et RA, RB, RF, RΔ, RE, Rζ, RZ.
Poids : 4,22g - Diamètre : 23mm - Axe:12h00 - Référence : RIC/n°196

Il n'existe pas pour les graveurs de l'atelier de Rome une période d'adaptation dans la représentation du portrait de Probus comme il y en eut pour les autres empereurs, prouvant ainsi que l'image du général fut diffusée rapidement et de façon calculée. Cette deuxième émission voit aussi la disparition de la marque de la réforme monétaire d'Aurélien notée XXI à l'exergue des revers, qui était présente lors de la 1ère émission.

Commentaires :

Les frappes de l'atelier de Rome sont soignées et de qualité, les bustes richement décorés. Cette représentation de Rome assise dans un temple exalte l'éternité de la ville et tend à prouver que Rome reste la capitale de l'empire. Elle est plus présente dans l'atelier de Rome comme si l'administration romaine désirait montrer la supériorité de l'atelier de la ville éternelle en opposition aux autres.

Rome

La représentation de Rome assise, casquée et tenant un sceptre et une victoire, est inspirée d'une statue installée dans le temple double de Vénus et Rome. Ce temple combinait deux temples accolés dos à dos, dont un était dédié à Vénus Felix, mère d’Enée et l’autre à Roma Aeterna (Rome éternelle). Le temple était construit sur une pente descendante vers le Colisée. Il mesurait 108 m de long et 54 m de large, installé sur une immense terrasse. Deux doubles colonnades bordaient les côtés les plus longs. Chaque temple était couvert d’un toit et précédé d’un portique à colonnes. L’ensemble était entouré d’une colonnade selon la forme classique d’un temple hellénistique.
En 283, les temples ont été endommagés par un incendie et restaurées à partir de 308 ap. J.C. par Maxence, qui  ajouta les absides que l’on voit aujourd’hui et une couverture en voûte. Cette représentation du temple sur le revers est forcément une représentation du premier temple avant l'incendie de 283 ap. J.C., la monnaie ayant été frappée en 277.

Maquette du temple de Venus/Rome et détail du revers

dimanche 3 janvier 2010

7 - Un Aurélianus inédit de Rome daté du premier consulat de PROBUS (Rome, Printemps 277 ap. J.C.)



 Rome, 277 ap. .J.C, 2ème phase de la 1ère émission, 6ème officine.

Description :

   

Rome, 277 ap. J.C.

Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste),  Buste radié et cuirassé de Probus à droite.(Buste Bastien : B)

Revers : P M TR P COS PP // ε // XXI, (Pontifex Maximvs Tribvnicia Potestae Consul Pater Patriae / Grand pontife revêtu de la puissance tribunitienne consul père de la patrie). L'empereur debout à gauche, levant la main droite, tenant un sceptre de la main gauche entre deux enseignes militaires.

Poids : 4,30g -  Diamètre : 23mm - Axe : 12h00 - Référence:  RIC / --

Commentaires : 
  
Le RIC répartit  par erreur les monnaies de cette 1ère émission de Rome entre les ateliers de Rome (pour les officines B, Γ et Z) et celui de Siscia. Nous pouvons dire que cet aurélianus est du même type que le n° 607  du RIC attribué  par erreur à Siscia.
Sylviane Estiot et Philippe Gysen ont rétabli la classification véritable de cette émission dans un article de la Revue Numismatique de 2006. Les auteurs recensent cette monnaie inédite du RIC  à un seul exemplaire seulement et ne trouvent aucun autre exemplaire dans le trésor de La Venera. 
La première émission des auréliani de l'atelier de Rome est en continuité étroite avec les émissions des empereurs précédents. En effet, elle reprend les émissions de l'empereur Florien, lui même ayant puisé l'inspiration pour l'iconographie des types dans le monnayage de Tacite. Cette première émission compte sept officines notées par des lettres grecques : A, B, Γ, Δ, ε, ζ, et Z. Ces lettres grecques se retrouvent associées à l'exergue ou dans le champ de la monnaie avec la marque de la réforme monétaire de l'antoninien institué par Aurelien (XXI). 
Cet Aurélianus fait partie de la seconde phase de l'émission 1 de Rome qui se limite à deux types de revers répartis dans les sept officines, les deux types, PM TR P COS PP rappelant les charges de l'empereur et VIRTVS AVG mettant en avant ses qualités militaires avaient déjà été émis lors de la première phase par les officines Δ et ζ. Un seul critère permet de différencier les monnaies des deux phases : ceux de la deuxième phase ont un grènetis à gros grain bien caractéristique (cf. photo ci-dessus). En étudiant les différents trésors, on constate que cette seconde phase fut bien plus courte que la première.
 

Détail du revers