MARCVS AVRELIVS PROBVS, Empereur Romain de Juin/Juillet 276 ap. J.-C. à Septembre 282 ap. J.-C.


"Tous ceux qui ont parlé de lui ont pris soin d'observer qu'il possédait éminemment dans ses mœurs la probité qu'exprime son nom." Abbé Crevier
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Bienvenue à tous les passionnés de monnaies romaines et à tous les novices en numismatique.
Ce blog est destiné à faire découvrir les monnaies romaines de l'empereur PROBUS et permettra d'en connaitre le monnayage dans son ensemble. Au fil des articles, vous y découvrirez les monnaies de ma collection pour lesquelles les commentaires vous éclaireront sur leur iconographie mais aussi retraceront l'histoire passionnante de cet empereur militaire. La publication de monnaies inédites complètera ce travail.
Bonne lecture à tous.

PROBUS COINS

Welcome to all lovers of Roman coins and all numismatic novices. This Blog will explore Emperor PROBUS's Roman coins and understand its currency. Through articles, you'll find these coins in my collection and their reviews will tell you about their iconography, as well as the fascinating history of this military emperor. The publication of unpublished coins will complete this work. Happy reading.

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CARTE DE SITUATION DES ATELIERS MONETAIRES SOUS PROBUS

CARTE DE SITUATION DES  ATELIERS MONETAIRES  SOUS PROBUS

samedi 1 mai 2010

Tableaux des émissions d'auréliani de l'atelier d'Antioche

 

Histoire de la ville :

Antioche (Antakya) située en Syrie, qu'il ne faut pas confondre avec Antioche de Pisidie (Turquie), fut comme cette dernière fondée par Séleucus Nicator (312-280), grand constructeur et ancien général d'Alexandre le Grand. Son nom est inspiré du nom de son père Antiochus. L'emplacement fut choisi de façon judicieuse : en effet, la ville est construite près de la rive gauche du fleuve Oronte, à environ 15 km de la mer Méditerranée. Le fleuve établit un pont commercial entre la ville et tout le bassin occidental de la Méditerranée :  le port de Séleucie (du nom de Séleucus) est placé au carrefour des routes des caravanes d'Orient, en relation avec Babylone, la Perse et l'Inde.
 
Après la conquête romaine de 64 av. J.C. par Pompée le Grand, Antioche devient la capitale de la province de Syrie conservant son surnom de « Couronne de l'Orient ».  La ville s'étend avec l'empereur Tibère vers le nord et reçoit une enceinte de protection. Son centre est marqué par une avenue très large comportant 3 200 colonnes, presque parallèle à l'Oronte. Antioche compte alors presque 500 000 habitants et devient la troisième ville de l'empire romain derrière Rome et Alexandrie.

Mais la ville subit un premier séisme en 37 ap. J.C. Caligula  fait restaurer les monuments  de la mégapole et construit un aqueduc et des thermes à Daphné. Titus y ajoutera un théâtre à proximité et Domitien l'enrichit d'autres thermes, d'un temple dédié à Asclépios (en latin Æsculapius, dieu de la médecine), d'un nouveau pont et d'un cirque pour les jeux. C'est alors que survient un autre tremblement de terre important en 115 ap. J.C : Trajan, présent dans la ville  échappe au péril de justesse. Il décide alors de la rebâtir. L'empereur Hadrien continuera les travaux urbains embellissant la ville en la dotant de deux temples voués à Arthémis  (assimilée à Diane pour les romains) et à Trajan divinisé. Entre 162 et 166 ap. J.C., Lucius Vérus séjourne essentiellement à Antioche pour mener la guerre contre les Parthes. Antonin le Pieux fait d'Antioche une colonie lui conférant les droits italiques. Marc-Aurèle, son fils adoptif, fait restaurer les thermes et construire le Nymphée, une fontaine monumentale.  Commode construit de nouveaux thermes si monumentaux que l'empereur Caracalla s'en servit pour donner ses audiences, mais élève aussi des temples à Jupiter Olympien  et à Athéna (Minerve) ainsi que le stade couvert Xytos.


Ruines romaines de la ville d' Antioche

En 193-194 ap. J.C. la cité se range du coté de son gouverneur Pecennius Niger au cours de la guerre civile qui l'oppose à Septime Sévère. Après la victoire de ce dernier, Antioche sera punie et rétrogradée au rang de simple bourg du territoire de Laodicé. Mais elle retrouve rapidement son statut de cité et de capitale de la Syrie. Mieux encore, avec la multiplication des conflits entre les empires Romain et Parthe, puis Sassanide, Antioche devient de plus en plus souvent la résidence impériale et la base arrière des campagnes romaines en Mésopotamie : Caracalla, Macrin, Elagabale, Alexandre Sévère, Gordien III, Philippe Ier, Valérien, Aurélien, Probus, Carus, Dioclétien, Galère Maximin et Maximin Daia y séjournèrent.
Lors de l'invasion de la Syrie par les Perses Sassanides de Shapur Ier en 252, la cité, sous le commandement d'un notable (Mariadès), collabore un temps avec les Perses. Mais les Perses se ravisent et saccagent la ville de fond en comble, allant même jusqu'à déporter en Iran une grande partie de la population. Antioche sera reconstruite par Valérien, mais reprise par les Perses en 260. Au IVème siècle, elle retrouve son importance, et abrite la résidence impériale de Constance Galle vers 350 ap. J.C. En 387 ap. J.C., un nouvel impôt déclenche la « révolte des statues », durant laquelle la population renversa les sculptures représentant la famille impériale.
Antioche joua aussi un grand rôle dans l'histoire de christianisme. L'apôtre Paul y fit plusieurs séjours et dirigea la communauté religieuse. Une communauté chrétienne s'y développera progressivement. Antioche restera une ville enviée, présentant une urbanisation somptueuse, un atout commercial indiscutable et une influence religieuse qui ne fera que grandir pour servir l'empire romain.

L'atelier :

La production de l'atelier d'Antioche est relativement faible sous Probus, l'atelier Syrien n'ayant pas émis de monnaie pendant une grande partie du règne de l'empereur (de 277 à 279 ap. J.C.). Cet atelier émettra des aurei et des auréliani.
Les titulatures des monnaies sont longues (IMP C M AVR PROBVS PF AVG et IMP C M AVR PROBVS AVG), le style rude et l'iconographie assez pauvre, n'offrant que trois types de revers différents pour deux légendes (CLEMENTIA TEMP et RESTITVTOR ORBIS). les types nous présentent l'empereur Probus faisant face à Tyché avec une couronne ou  se trouvant face à Jupiter tenant un foudre et un globe ou bien encore un foudre et un globe nicéphore (globe surmonté d'une victoriola tenant une couronne). 
Comme pour l'atelier de Tripolis, la production ne compte que deux émissions en 276 et en 280 ap. J.C. La première émission (276) n'est frappée que dans huit officines. A sa réouverture, coïncidant avec le passage de l'empereur dans la ville, l'atelier frappe monnaie dans neuf  officines lors de la seconde émission: elles sont notées A, B, Γ, Δ, ε, ζ, Z, H et εΔ.
La lettre d'officine est généralement située au revers entre les deux personnages dans le champ de la monnaie, plus ou moins suivie d'un point. La marque de la neuvième officine qui devrait être le θ est substituée par les deux lettres εΔ . En effet, le θ étant la première lettre du mot grec signifiant la mort, il était de pratique courante dans le monnayage d'Antioche de la remplacer par pure superstition. Notons qu'à la reprise d'activité de l'atelier en 280, il existe des marques d'officine s'inspirant de l'atelier de Tripolis (notées avec un croissant, une étoile dans le champ et la marque de valeur KA). Ceci est surement la conséquence de fréquents déplacements de graveurs d'un atelier à l'autre.
Le type propagandiste CLEMENTIA TEMP, frappé dans toutes les officines simultanément est émis lors de la première émission de 276. Il sera repris à la réouverture de l'atelier en 280 avec l'ajout du globe nicéphore dans les mains de Jupiter. Les officines changeront dans la même année de type et de légende de revers en émettant les auréliani RESTITVT ORBIS, comme pour affirmer que les temps heureux espérés sont enfin arrivés avec l'empereur Probus, le restaurateur du monde.


Tableau des émissions des auréliani d'Antioche
(Cliquez sur le tableau pour l'agrandir)



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