MARCVS AVRELIVS PROBVS, Empereur Romain de Juin/Juillet 276 ap. J.-C. à Septembre 282 ap. J.-C.


"Tous ceux qui ont parlé de lui ont pris soin d'observer qu'il possédait éminemment dans ses mœurs la probité qu'exprime son nom." Abbé Crevier
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Bienvenue

Bienvenue à tous les passionnés de monnaies romaines et à tous les novices en numismatique.
Ce blog est destiné à faire découvrir les monnaies romaines de l'empereur PROBUS et permettra d'en connaitre le monnayage dans son ensemble. Au fil des articles, vous y découvrirez les monnaies de ma collection pour lesquelles les commentaires vous éclaireront sur leur iconographie mais aussi retraceront l'histoire passionnante de cet empereur militaire. La publication de monnaies inédites complètera ce travail.
Bonne lecture à tous.

PROBUS COINS

Welcome to all lovers of Roman coins and all numismatic novices. This Blog will explore Emperor PROBUS's Roman coins and understand its currency. Through articles, you'll find these coins in my collection and their reviews will tell you about their iconography, as well as the fascinating history of this military emperor. The publication of unpublished coins will complete this work. Happy reading.

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CARTE DE SITUATION DES ATELIERS MONETAIRES SOUS PROBUS

CARTE DE SITUATION DES  ATELIERS MONETAIRES  SOUS PROBUS

dimanche 16 octobre 2016

www.probuscoins.fr La base de données des aureliani de Probus



Je suis heureux de vous annoncer la naissance d’une base de données destinées à  satisfaire les passionnés du monnayage de Probus !


 La base de données se construit progressivement et  uniquement avec les exemplaires de collections privées, de monnaies mis en vente chez  les professionnels mais aussi avec des monnaies exceptionnelles passées sur E-bay. Je tiens à remercier tous les collaborateurs, collectionneurs et chercheurs qui m’ont permis de concrétiser ce projet gigantesque.
A ce jour, à peu près 1000 monnaies sont intégrées à la base ; elle grandit chaque jour un peu plus. Mais soyez encore indulgents car certains indices s’affinent au fil du temps comme celui de la rareté par exemple. De même, les erreurs se corrigent chaque jour.  Si  vous rencontrez des coquilles, n’oubliez pas de me les signaler afin de les éliminer  au plus vite.  Pour l’instant, vous n’y trouverez que les aureliani et les tétradrachmes d’Alexandrie comme modules. J’ai encore 4 ou 5 collections conséquentes à intégrer à Probuscoins (près de 5000 monnaies).
Vous pourrez aussi peut-être découvrir le 10 e atelier encore méconnu de cet empereur (4e atelier oriental, décrit par S.Estiot).
Probuscoins se veut participatif et ouvert : vous êtes donc  invité à participer à l’aventure en envoyant des monnaies avec le champ prévu à cet effet. Il me faut juste impérativement le poids de la monnaie. Attention, vous devez valider et envoyer pour chaque monnaie. Lorsque la monnaie est renseignée, vous devez passer par « je ne suis pas un robot » et valider l’envoi à chaque fois. Si votre collection est conséquente (plus de 10 monnaies), il sera plus judicieux et moins éprouvant pour vous de m’envoyer directement les photos par mail à l’adresse indiquée sur le site.

Les recherches se font simplement en renseignant l’avers, le revers ou bien d’autres indices pour identifier ou comparer les monnaies.
Quelques subtilités de la Base de données  Probuscoins:
Si vous ne connaissez pas la codification des bustes selon P.Bastien, vous pouvez toujours la retrouver en cliquant sur le mot buste dans le pavé central. Idem pour les indices de raretés.
Vous pouvez effectuez une recherche par numéro d’identification dans les ouvrages de références : RIC, MPR, HO mais aussi en renseignant par mots clés, vous pouvez retrouver toutes les monnaies d’une même collection.
Usez et abusez de la base de données ! Je vous laisse découvrir Probuscoins.fr et attends vos remarques et vos monnaies avec grand intérêt. Je reste à votre disposition pour vous renseigner sur les fonctionnalités de probuscoins.fr.  Merci.

dimanche 20 octobre 2013

Le règne de l' Empereur PROBUS, Histoire et Numismatique : Enfin le Livre !





 Stéphane Hiland et moi même sommes heureux de vous présenter un travail qui nous a demandé beaucoup de pugnacité et de recherche depuis un an mais qui ravira les numismates et historiens s’intéressant au IIIe siècle :

S. Hiland /C. Oliva  - Le Règne de l'Empereur PROBUS (276 - 282 apr. J.-C.) Histoire et Numismatique
Editions III MONETAE, 168 pages, couleur. Prix public 37 euros.

Voici le sommaire :




Disponible en suivant le lien Lulu.com ci-dessous :


L’intérêt de cet ouvrage c'est le répertoire des monnaies est construit avec plus de 800 monnaies issues de collections privées internationales ne provenant pas de collections institutionnelles. Nous tenons à remercier ici P. Gysen, M. Vosper, U. Neumann et J. Kiss, pour leurs collaborations sans limites, G. Braun, S. Luethi ainsi que bien d'autres collectionneurs et autres maisons de ventes qui m'ont ouvert leurs plateaux et fourni les photos de leurs trésors. Encore un merci particulier à Alain Chenevier, Jean-Claude pour leur aide précieuse et tout ceux qui nous ont aidé à finaliser cet ouvrage.

Ce livre regroupe l'actualité des connaissances sur l'Empereur Probus et sur son monnayage s'articulant en 3 parties : La première partie relate l'histoire de Probus traitée année par année avec des cartes et des pages éclairantes chaque année sur un sujet particulier de l'époque.

La deuxième partie traite du système monétaire et des particularités du monnayage reprenant les codes, les bustes, les titulatures et les émissions particulières qui méritent des éclaircissement.

Et la troisième partie est un répertoire typologique des aureliani de Probus reprenant chaque type un par un. Il permet de retrouver facilement la date et l'émission de n'importe quel aurelianus simplement en lisant la légende de revers. Chaque type est illustré d'une planche de monnaies choisies en fonction de leurs raretés (chaque monnaie a un indice de rareté dans le livre) et de leur état de conservation. Le choix fut dur pour sélectionner les plus belles et les plus rares lorsque l'on vous ouvre des collections privées les plus prestigieuses de plus de 2000 monnaies !








En espérant que ce livre vous permette de mieux appréhender cet empereur et son monnayage, je vous souhaite une bonne lecture ! 

dimanche 22 juillet 2012

Un buste consulaire à droite pour Serdica (277 apr. J.-C.)





Description :
 
Serdica,  277 apr. J.-C., 4e émission, 4e officine.

A/ IMP C M AVR PROBVS PF AVG, buste consulaire de Probus à droite. (Buste Bastien : H4)

R/ SOLI INVICTO // KAΔ, Sol, levant la main droite et tenant de la main gauche un fouet et un globe dans un quadrige vu de face.

Poids : 2,86g - Diamètre : 22mm - Axe : 12h00 - Références : RIC n°- Pink 1949, p. 45

Commentaires :

Probus arrive à Serdica et un adventus est célébré cette même année. Mais il ne restera qu'un mois dans la ville (de Mars à Avril), le temps nécessaire à l'organisation militaire de ses troupes sur place. En effet, il ne s'agit que d'une étape pour rejoindre Rome et faire ratifier son titre impérial nouvellement acquis. L'atelier continuera tout de même de frapper des monnaies pour payer les troupes restées en avant du Bosphore.

Ce buste H4 nous montrant Probus en habit consulaire, tourné à droite est peu fréquent dans le monnayage de Probus. La plupart des représentations consulaires nous offre l'image de l'empereur tourné à gauche tenant le scipio, sceptre court tenu par le général victorieux lors du cortège triomphal. Nous avons déjà noté la richesse et l'habileté des graveurs de Serdica, usant d'une créativité certaine pour la représentation impériale au droit, produisant des monnaies de gravures fines avec de nombreux détails iconographiques sur les bustes. Cette représentation apparait pour la première fois sur un prototype d'Alexandre Sévère (Le buste monétaire des empereurs romains, P.Bastien, pl.88,3.) et sera plus abondamment employée à partir de la période tétrarchique.
Les ateliers de Serdica et de Siscia ont rivalisé pour produire des monnaies originales dont le résultat nous offre à posteriori une richesse impressionnante de types de bustes. Ce fait semble être une conséquence directe d'une production soutenue de ces ateliers, pour pallier aux besoins économiques et pratiques (évitant les transports de fonds incertains) dans lesquels travaillaient des graveurs très créatifs et artistiquement aguerris. Une grande variété iconographique induite par une production soutenue pour des raisons pratiques (proximité des ateliers des zones de conflits évitant les transports) et par un besoin économique évident pour soutenir l'effort de guerre.

Le type de revers présentant Sol Invictus sur un quadrige vue de face sera utilisé abondamment pour cet atelier. Il confirme la continuité du culte de Sol Invictus par Probus qui fut introduit par Aurélien quelques années plus tôt. 

Détail du buste.


dimanche 11 mars 2012

Un Buste jovien non répertorié de Ticinum (278 apr. J.-C.)

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Description :

Ticinum, 278 apr. J.-C, 4e émission, 5e officine.

Avers : VIRTVS PROBI AVG, (L’empereur César Marc Aurèle Probus Auguste), Buste radié de Probus à gauche en nudité héroïque, vu de trois quart en arrière avec l’égide, une haste pointée en avant (Buste Bastien : F19).

Revers : PAX AVG // VXXT, (la paix de l'auguste). La paix debout à gauche, levant le bras droit, tenant un rameau d'olivier et un sceptre transversal de la main gauche. La lettre V de l’exergue atteste que cette frappe est issue de la 5ème officine. Les 6 officines se différencient par des lettres et des chiffres romains suivis de XXT : P, S, T, Q, V, VI.

Poids : 3,63gr - Diamètre : 22mm - Axe : 6h00 - Références : RIC/--
 
Ce buste jovien à l’égide n’est pas répertorié pour cette officine dans l'émission (RIC variant 393).

Commentaires :

Probus part de Lyon au printemps 278 à la tête d’une partie de l’armée pour se diriger vers le Nord et repousser les Germains de la rive gauche du Rhin, en Germanie supérieure. Il passe le fleuve et poursuit les Barbares depuis Mayence jusqu’au Jura Souabe. Une fois la Gaule libérée, il redescend vers le Sud, passe les Alpes et arrive en vainqueur à Ticinum qu’il n’avait pas eu le temps de visiter. (Eté 278). Un donativum  sera donné dans la ville pour célébrer l'évènement et ces récentes victoires. 

Ce buste jovien est destiné à donner une image d'un empereur combatif et protégé par les dieux. L'attribut de Jupiter devient un insigne de la puissance souveraine. La morphologie musculaire de l'empereur est mise en avant, l'affublant de deltoides proéminents. L'égide portée sur l'épaule gauche est vue de 3/4 en arrière. Cette représentation s'inspire des camées d'Auguste, s'inspirant eux aussi des pierres gravées hellénistiques. Les scalpatores des empereurs Illyriens ont donc suivi une tradition dans la représentation de l'égide remontant à la période hellénistique de Rome dès le début de l'empire.

La paix du revers est un message destiné à rassurer la population romaine sur la politique de son nouvel empereur. Un retour à la paix tant attendue sur les territoires romanisés semble être le moteur poussant  Probus à mener ses différentes campagnes militaires.


Détail du buste F19

samedi 21 janvier 2012

Une légitimité impériale partagée entre Probus et Florien. (276 apr. J.-C.).


Aurélianus de Florien ( Rome, 1e émission, 1ere officine, 276)

Au début de l'année 276 apr. J.-C., les Alains et les Goths avaient envahi l'Asie Mineure pillant le Pont, la Galacie et la Cappadoce, se payant ainsi la solde d'une hypothétique intervention contre les Perses menée à titre d'auxiliaires sous le commandement d'Aurélien. L'empereur Tacite ira analyser la situation sur place et  réorganiser les opérations de cette campagne Gothique. Les combats commandés par ses fidèles généraux  Maximinus et Florien furent couronnés de succès.

Tacite, membre de l'ordre équestre ou général d'active ou encore préfet du prétoire mais nullement doyen des sénateurs comme nous le décrivait à tort le biographe de l'Histoire Auguste, meurt sur le chemin du retour vers l'Europe, victime d'un complot dans la province du Pont (ou à Tyane en Cappadoce) en Juin 276 apr. J.-C. C'est donc juste après son assassinat que le problème successoral semble s'être posé immanquablement et avoir été réglé sans une concertation réfléchie entre les différentes autorités ayant le pouvoir d'élever un nouvel homme à la tête de l'empire. Comme nous le montre l'étude des dates des évènements qui vont suivre cette période de vacation impériale, les nominations furent tranchées dans les plus brefs délais. Ces décisions si hâtives semblent avoir été prises dans le seul but d'éviter l’installation d'une nouvelle instabilité du pouvoir. Ce vide sonnait comme une menace à l’intégrité de l'empire alors que les campagnes de "nettoyages" des différentes provinces menacées par les Barbares semblaient devenir efficaces.
 Florien, préfet du prétoire sous Tacite, général actif participant aux combats en Asie Mineure durant la campagne Gothique de Tacite, sera donc nommé Empereur par les prétoriens, titre rapidement ratifié par le Sénat Romain. Mais au même moment, Probus, général présent en Syrie revêt la pourpre en Orient, lui-même élevé par son armée au plus haut rang des dignitaires romains.

Aurélianus de Florien (Lyon, Juillet 276, 2e emission, 3e officine)

Dès lors, la course à la légitimité s'organise entre les deux généraux de l'armée romaine. Une bataille d'influence s'engage sur les différents territoires de l'empire afin de donner raison à l'un des deux prétendants au pouvoir :  Florien, maitre de l'Occident, était reconnu sur une zone allant de la Cilicie jusqu’à l'Italie, en Gaule, en Espagne, dans les iles de Bretagne et en Afrique du Nord.  Probus régnait déjà en maitre sur l'Orient, en Syrie, en Phénicie, en Palestine et en Égypte. Mais cette répartition territoriale, qui semble donner raison à Florien, n'est pas le seul élément qui permit à Probus d'écraser son adversaire dans la bataille du pouvoir.
En ces temps de troubles, le gage de confiance qu'accordait l'armée à un de ses chefs s'étant illustré par sa bravoure au combat, suffisait presque toujours à l'élever à la tête de l'empire. Cette nomination suprême par le mérite militaire avait plus d'incidence sur la population et les militaires que la nomination d'un empereur qui détenait son titre simplement avec l'aval de l'autorité Sénatoriale. La différence de méthode employée pour élire un nouvel empereur semble être l'un des facteurs déterminant qui donna la préférence et une plus grande légitimité au général  Probus.En effet, Florien abandonnera la bataille contre les Goths en Asie Mineure pour aller combattre son adversaire, ce qui lui valu d'avoir une aura militaire en demi-teinte.
Probus quitte alors la Syrie et les deux armées se livrent bataille en Cilicie (à Tarse). Après quelques affrontements anarchiques et désordonnés, Florien est fait prisonnier et fut rapidement éliminé par ses propres troupes en Aout 276 apr. J.-C. Son règne n'aura duré qu'un peu plus de deux mois (de Juin à Aout 276). Certains historiens considèrent  le règne de Tacite et de Florien comme une période transitoire d'instabilité politique entre ceux plus glorieux d'Aurélien et de Probus.

Aurélianus de Florien (Siscia, 276, 1e emission, 6e officine)

Seulement six ateliers (Lyon, Rome, Cyzique, Serdica, Ticinum et Siscia) battront monnaie à l'effigie de Florien. Aucune monnaie ne fut frappée dans les ateliers Orientaux d'Antioche et de Tripolis, ces territoires étant acquis tout entier à la cause de Probus. Ils furent d'ailleurs les premiers à présenter le portrait du nouvel empereur militaire.
L'étude des monnaies de Florien est passionnante à plusieurs titres lorsque l'on s’intéresse aux différents monnayages de cette période. Nous constatons que les types utilisés pour Florien préfigurent ceux employés pour frapper les monnaies de Probus. La typologie utilisée pour Florien est de même calquée sur son prédécesseur Tacite. Ce réemploi des types monétaires a permis d'affiner le classement des différentes émissions du début du règne de Probus.

Les scénographies employées pour ce monnayage de courte durée rendent souvent hommage à la Virtus militaire de Florien, sans doute moins évidente et éclatante que celle déjà développée par son adversaire politique comme nous l'avons vu précédemment. Les thèmes militaires sont récurrents : la victoire, la fidélité et la concorde militaire se trouvent au centre des préoccupations de Florien et illustrent l'importance de gagner les faveurs de l'armée pour obtenir la consécration du pouvoir.

 Aurélianus de Florien ( Lyon, 276, 3e emission, 2e officine)

Notons aussi que l'imago impériale de Florien fut employée quelques temps par les scalptores des ateliers occidentaux afin d'illustrer les premiers portraits des émissions de Probus. Il en existe de flagrants exemples sur les monnaies de l'atelier de Lyon car les graveurs ne connaissaient pas encore les traits du nouvel élu.

Ce monnayage court mais passionnant est à placer en parallèle avec les monnaies des premières émissions de Probus issues des ateliers orientaux d'Antioche et de Tripolis. Cet ensemble constitue alors un panorama complet du monnayage de cette période trouble pendant laquelle Florien et Probus se sont affrontés pour obtenir la légitimité impériale tant convoitée.

Aurélianus de Florien (Cyzique, 276, 1e emission, 5e officine)


In Memoriam

   
Vendredi 20 Janvier 2012.

Aujourd'hui, Olivier Bastard nous a quitté.
Je perds non seulement un ami  fidèle mais aussi un grand numismate participant sans relâche à la création de ce blog grâce à son inaltérable et indispensable esprit d'entraide et de réflexion. Depuis la création de ce site, il m'assistait efficacement avec un dévouement sans limite.  Ses remarques utiles et ses nombreuses corrections ont toujours été judicieuses et ont permis d'assurer la pérennité du blog . J'espère lui rester toujours fidèle lors de mes prochaines interventions en perpétuant l'intelligence qu'il mettait à mon service dans chaque sujet.

A toi l'ami, sache que ton esprit restera pour toujours présent sur ce blog.

lundi 16 janvier 2012

La Fortune d'Alexandrie de l'an IV. (278-279 apr. J.-C.)

    
    


Description:

Alexandrie, 278-279 apr. J.-C.

Avers : A K M AYP ΠPOBOC CEB. (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste lauré et drapé de Probus à droite.

Revers: L.Δ (An IV). Tyche ( Fortuna, la Fortune) debout à gauche, drapée, tenant un gouvernail de la main droite et une corne d'abondance de la main gauche.

Poids : 6,38 g - Diamètre : 20 mm - Axe : 12h00 - Références : Sear n°12128 - Milne n°4583 - Dattari n°5546 - BMCG 2424.

Commentaires :

Ce tétradrachme d'Alexandrie nous présente à son revers une allégorie de la fortune personnifiant plus spécialement les hasards de l'existence, le destin, la chance inespérée. Elle s'identifie avec la Tyche grecque,  représentée avec une corne d'abondance et un gouvernail, la montrant à la fois nourricière et maitresse de la destinée, pilotant la vie des hommes. Cette image veut exprimer que l’Égypte était très utile pour alimenter Rome car elle détenait une grande richesse agricole nécessaire à l’approvisionnement de l'Urbs. Cette  province restait maitre aussi de son propre destin en s'honorant de son dû envers les romains. Fortuna était aussi  considérée comme une divinité protectrice des villes et en assurait sa prospérité.

Probus compte huit années de règne et d'émission pour cet atelier qui sont notées au revers par les lettres A, B, Γ, Δ, ε, ζ, Ζ, Η  pour les sept années latines de 276 à 282 ap. J.C. L'an I de Probus commence donc avant le 29 juillet 276 et l'an VIII finit après le 28 Juillet 282 ap. J.C. L'an IV (L Δ) de cette monnaie couvre la période du 29 juillet 278 au 28 juillet 279.
 
L'année suivante de cette émission, l'empereur Probus mènera une campagne en Égypte afin de débarrasser le territoire des Blemmyes et libérer les villes de Koptos et Ptolémaïs. Ces monnaies destinées à assurer le commerce local dans l’Égypte et les provinces voisines sont aussi porteuses de messages politiques à la population romanisée. Ces potins ont un style si particulier qu'on les identifie au premier coup d’œil.


Détail du revers

vendredi 30 décembre 2011

Un rare buste à la protomé de cheval pour un empereur invincible. (279 apr. J.-C.)

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Description :

Siscia, 279 apr. J.-C., 6e émission, 2e officine.

Avers : IMP C PROBVS PF AVG, (L'empereur César  Probus Pieux et Heureux Auguste). Buste de Probus radié, casqué et cuirassé à gauche, portant une lance sur l'épaule droite, un bouclier sur l'épaule gauche, tenant un cheval  par la bride. Une scène de Virtus orne le bouclier représentant un cavalier allant à gauche et un gorgoneion sur le plastron de la cuirasse.  (Buste Bastien : E6)

Revers : SO LI INVIC TO // XXIS,  (Le soleil invaincu de l'Auguste). Sol Invictus, la main droite levée et tenant un fouet de la main gauche, debout sur quadrige bondissant vers la gauche.

Poids : 3,59 g - Diamètre : 21 mm - Axe: 6h00 - Références : RIC n° 769 var. ( Absent avec ce buste et pour cette officine).

Commentaires :


Après ces trois premières années de victoires en Gaule et jusqu'en Germanie, cet empereur militaire aurait pu rentrer à Rome afin de célébrer  ses victoires avec tous les fastes réservés à l'éclat d'une gloire complète. Mais il voulut encore visiter toutes les provinces de l'empire afin de s'assurer de la complète intégrité de l'empire. Probus va maintenant tourner ses armes du coté de l'Orient et ainsi terminer la tache qu'il s'était fixé au tout début de son règne : redonner la sécurité et la stabilité à l'empire en déliquescence. L'année 279 sera réservé à finir de débarrasser le Nord de l'Illyrie des barbares encore en place sur le territoire.  Avec une petite partie de ses troupes, l'autre partie restant cantonnée à Siscia,  l'empereur n'eut à combattre que des ennemis désorganisés, des bandes de barbares terrifiées d'avance de ce qu'ils allaient subir. Jamais depuis cinquante ans, l'Europe Romaine n'avait autant baigné dans un tel climat de tranquillité. La paix semblait assurée et l'avenir rempli de promesses. La Gaule libérée, l'Illyrie sécurisée, il semble normal que les ateliers de Lyon et Siscia produisirent alors des monnaies aux bustes novateurs pour cet empereur semblant invincible et glorieux de toutes ses batailles. 

Le buste de cette monnaie en est une illustration parfaite : bien sur, le génie des graveurs de l'atelier de Siscia fit le reste, mais ce buste présentant l'empereur en habit militaire, son cheval à la main rappelle aussi que Probus faisait partie de l'ordre des Equites parmi lesquels il fut choisi et porté sur le trône par l'armée en  Orient. Plus qu'une reconnaissance de son travail accomplie, de son ardeur à la tache, ces buste marque le tournant de l'espoir d'un peuple qui commence à croire à la liberté retrouvée. Cette rare représentation se trouve déclinée pour d'autre revers de cette même 6e emission.

Détail du buste

dimanche 18 décembre 2011

Une exeptionnelle variante abrégée du type VIRTVS PROBI AVG. (276 apr. J.-C.)





Description :


Serdica, 276 apr. J.-C., 4e émission, 1e officine.
 
A/ IMP C M AVR PROBVS AVG, Buste casqué et radié de Probus à gauche, tenant une lance sur l'épaule droite et un bouclier sur la gauche.

R/ VIRT PROBI AVG //KAB, L'empereur à cheval, tenant un bouclier de la main gauche, une lance à droite. Sous les antérieurs du cheval,  un barbare  agenouillé suppliant avec  un bouclier.

Poids : 4,05 g - Diamètre : 22 mm - Axe : 12h00 - Références : RIC n° -- PINK n°-- (ex. vente Müller 71, n° 699)


Commentaires : 

L'atelier de Serdica comme les autres ateliers orientaux, ne présente pas une grande variété de types monétaires, frappant souvent dans toutes les officines simultanément le même type de revers. Ces ateliers le long du limes du Danube furent installés avant tout par Aurelien afin d'alimenter en numéraire les troupes de légionnaires installées dans la région, évitant ainsi les transports hasardeux de fonds via les autres ateliers plus lointains.
Par contre, il existe une multitude de variété de titulatures emphatiques (pas moins de 53 pour Probus) qui en fait la richesse de cet atelier. Ces aureliani sont souvent de gravure soignée de qualité, frappés sur des flans larges. Mais on note seulement 8 types de revers répartis sur les 5 émissions définies par K. Pink :

1 ADVENTVS PROBI AVG (l'empereur à cheval)
2 CLEMENTIA TEMP (Lempereur avec un sceptre face à Jupiter)
3 CONCORDIA MILITVM (La victoire et l'empereur)
4 PROVIDEN DEOR (Providentia et Sol)
5 RESTITVT ORBIS (Victoire et l'empereur)
6 RESTITVTOR ORBIS (L'empereur et Jupiter)
7 SOLI INVICTO (Sol en quadrige de face)
8 VIRTVS PROBI AVG (avec 2 types différents) : a) Adventus de l'empereur à cheval et b) L'empereur à cheval au galop en direction de l’ennemi suppliant.
 
Philippe Gysen a mis en lumière dans un article (Nouvelles données concernant l'atelier de Serdica sous le règne de Probus, RBN 146, p15-29, 2000.) une 9e légende, passée inaperçue pour le RIC mais aussi, plus curieux ignorée par K. Pink et Robertson et ailleurs dans la littérature numismatique.
Cette courte légende VIRT PROBI AVG doit être considérée comme une variante de la légende VIRTVS PROBI AVG engendrée par un problème technique et non comme un type à part entière.

Selon les dernières données :
1- Sur les 12 monnaies connues répertoriées présentant cette légende courte, certaines sont liées par les même coins de revers. 8 coins relevés pour 12 exemplaires. Il ne peut donc s'agir d'accidents de frappe mais d'une réelle volonté délibérée du graveur de soustraire les 2 lettres "VS" de VIRTVS.
2-Sur les 12 exemplaires connus, 2 officines (A et B) se partagent la frappe, combinée entre 4 légendes de droit différentes et 3 types de bustes.
3-L'analyse des exemplaires VIRTVS PROBI AVG permet de mettre en évidence 6 graveurs différents. Parmi ces graveurs, il en est un dont le style est si caractéristique que l'on peut aussi lui attribuer les coins des exemplaires VIRT PROBI AVG. En effet, il représente la scène montrant toujours l’ennemi suppliant sous le poitrail du cheval et non sous les antérieurs du cheval, le bouclier est proche des postérieurs qui sont toujours bien tendus.

Par rapport à la légende longue VIRTVS PROBI AVG, la composition graphique de cette légende courte VIRT PROBI AVG montre un déplacement vers la droite de la scène et une légende qui s’arrête au bouclier de Probus. En conséquence, l'espace dédié à l'épigraphie s'en trouve ainsi limité.
Ce serait les difficultés à placer la légende longue par manque de place laissé par la composition du graveur qui aurait décidé le scriptor (avec l'accord du procurator monetae de Serdica) d'effectuer dans ce cas une légende abrégée. Ce qui nous renseigne sur les étapes progressives de gravure employées à cette époque dans les ateliers monétaires : le coin est gravé en plusieurs graveurs successivement dont les tâches sont différentes. Le premier scalptor se charge de graver l"image choisie pour le revers et par la suite, un deuxième vient y apposer la légende (scriptor).  Ceci explique aussi la rareté de ces exemplaires VIRT PROBI AVG.

 Détail de la légende abrégée du revers VIRT PROBI AVG

mercredi 9 novembre 2011

Une titulature de droit en référence avec la divinité tutélaire de l'empereur. (276 apr. J.-C.)






Description :

Serdica, 276 ap. J.C., 2e émission, 3e officine .

Avers : IMP C PROBVS INVICTVS AVG (L'empereur César Probus invincible Auguste) Buste radié et drapé de Probus à droite. (Buste Bastien : A2)

Revers : PROVIDEN DEOR/*// KA●Γ, (La providence divine). La fidélité des armées (ou la concorde militaire) drapée debout à gauche entre deux enseignes faisant face à Sol Invictus radié à droite, tête à gauche, la chlamyde entourée autour du bras, levant la main droite et tenant un globe de la main gauche.
 
Poids : 3,70 g - Diamètre : 22 mm - Axe : 12h00 - Références : RIC n° 848


Commentaires : 

A la mort de Florien, l'atelier de Serdica continue à fonctionner en frappant des monnaies à l'effigie de Probus changeant simplement le portrait et gardant les mêmes revers que ceux des monnaies émises sous Florien. Cette continuité typologique cesse alors avec l'entrée de Probus en 277 apr. J.-C. dans la ville s'enrichissant de  titulatures et de types monétaires à la gloire du nouvel empereur : ADVENTUS PROBI AVG, VIRTVS PROBI AVG, RESTITVTOR ORBIS. Il est à noter la persistance d'une étoile dans le champ de la monnaie depuis le règne de Florien, étoile qui disparaîtra aussi dès la troisième émission.
Les quatre officines de l'atelier frappent le même type de revers simultanément, se différenciant seulement par la dernière lettre à l'exergue des monnaies :  A, B, Γ,  et Δ. 

Les scalptores de Serdica sont parmi les graveurs les plus habiles pour effectuer des revers et des bustes  comportant des détails d'une grande qualité. La scénographie de revers (PROVIDEN DEOR) nous présente la fidélité des armées (ou la concorde militaire, personnage que l'on retrouve seul à l'identique sur d'autres revers ; le RIC semble l'identifier à tort comme la providence) et Sol Invictus. Cette scène confirme  d'une part la continuité du culte de Sol Invictus, introduit par Aurélien les années précédentes est abondamment repris dans le monnayage de Probus et d'autre part la réunification militaire des troupes ayant suivi Florien, maintenant rattachées à l'armée du nouvel empereur. La concorde militaire entre deux enseignes, saluée par Sol, témoigne de ce besoin d'union entre les différentes troupes militaires pour combattre ensemble les attaques barbares menaçant l'empire depuis trop longtemps. Sol donne ici une légitimité politique à Probus en  protégeant ainsi les troupes  réunies avant le départ pour la guerre. Le rôle propagandiste religieux de ces frappes monétaires approuvant la politique impériale est d'autant plus efficace que ces monnaies étaient sans doute destinées à payer les soldats.

De nombreuses titulatures enthousiastes, presque lyriques et emphatiques à la gloire l'empereur caractérisent les monnaies émises lors de cette émission. L'ajout de noms et d'adjectifs variés dans les titulatures de droit (Bono, Deo, Domino, Perpetuo, Pius ou Invictus comme sur cette monnaie) mettent en avant les qualités militaires et religieuses de l'empereur. En le qualifiant d'INVICTVS, la titulature lui confère un statut presque divin à l'image de Sol, son dieu tutélaire. Partant combattre l'ennemi qui menace la suprématie de l'empire romain, l'atelier de Serdica consacre cet empereur militaire protégé des dieux comme l'ultime gardien de la tranquillité territoriale de l'empire.

 
Détail de l'avers

mercredi 26 octobre 2011

Les voeux décennaux et vicennaux renouvellés par Probus en 279 apr. J.-C.



Description :

Ticinum, 279 ap. J.-C., 5ème émission, pas de marque d'officine. 

Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG CONS III, (L’empereur César Marc Aurèle Probus Auguste, consul pour la 3e fois). Buste de Probus à gauche, radié en habit consulaire tenant un scipio de la main droite. (Buste Bastien : H)

Revers : VOTIS X ET XX FEL , Vœux décennaux et vicennaux heureux à venir). Légende sur 3 lignes dans une couronne de laurier.

Poids : 2,92 g - Diamètre : 20 mm - Axe : 12h00 - Référence : RIC n°460

Commentaires :

Cette monnaie est émise à Ticinum au début de l'année 279 ap. J.-C., après le passage de Probus dans la ville (été 278 ap. J.-C.). A partir de la fin de l'année 278 et toute l'année 279 ap. J.-C., l'empereur restera  cantonné à Siscia.

La titulature de cette monnaie semble donc indiquer une émission spéciale commémorant le troisième consulat du prince débutant en Septembre 278 apr. J.-C. Cette abréviation inhabituelle CONS pour consul se retrouve uniquement sur les frappes de l'atelier de Ticinum dans le monnayage de Probus.

Le revers nous indique que Probus renouvelle les vœux décennaux et vicennaux au cours de cette année. Ces vœux tenaient une place considérable à Rome dans la vie publique et officielle pendant la période impériale. C'était comme un contrat, un pacte conditionnel, entre l'homme et la divinité invoquée. Ils étaient proposés par l'homme qui en fixait lui même les règles. Au moment ou les vœux étaient formulés, ils étaient dit susceptum ou conceptum :  l'engagement était pris et le contrat passé. l'empereur demandait une faveur et en échange, lorsque elle se réalisait, il offrait un temple, des sacrifices ou encore des jeux en l'honneur de la divinité. Cette dette n'était seulement acquittée quand la divinité avait accordé ce qui lui avait été demandé.
Les vœux périodiques portaient généralement sur l'issue heureuse d'une guerre ou des négociations engagées, sur l’approvisionnement de la ville en cas de disette ou simplement contractés  pour le salut et la prospérité de l'empereur et de la maison impériale, comme cela semble être le cas pour cette monnaie.
Dès la période républicaine, ces vœux étaient renouvelés pour plusieurs années consécutives (vœux quinquennaux, décennaux ou encore vicennaux). Ces vœux publics périodiques étaient contractés et accomplis par les consuls, le jour de leurs entrée en fonctions. De même, les nouveaux empereurs s’acquittaient des vœux contractés un an plus tôt par leurs prédécesseurs et  en contractaient aussi de nouveaux  au nom de l'état romain ou en son nom envers une divinité (pour Probus, il semble que se soit un contrat avec Sol Invictus). 


 Detail du revers

samedi 8 octobre 2011

Une allégorie personnifiant Siscia, la Save et le Colapis. (277 apr. J.-C.)

 

Description :

Siscia, 277 apr. J.C., 4ème émission, 3ème officine.

Avers : IMP C M AVR PROBVS AVG, (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste de Probus radié et cuirassé à droite. (Buste Bastien : B)

Revers : SISCIA PROBI AVG //  XXIT, ( Siscia la ville de l'empereur Probus). Siscia drapée, assise au centre sur un trône, tête et jambes tournées à gauche, tenant un diadème des deux mains. la Save à gauche et le Colapis à droite versant de l'eau d'une cruche, nageant dans les flots.

Poids : 3,77 g - Diamètre : 21 mm - Axe: 6h00 - Références : RIC n° 765

Commentaires :

Probus arrive à Siscia en 277 apr. J.-C., donnant l'occasion à la ville d'offrir une grande fête d'adventus à "l'enfant du pays", Sirmium sa ville natale n'étant pas très éloignée. Cet évènement s'accompagne d'une émission d'or attestant les fastes déployés pour cette cérémonie. Mais Probus reste préoccupé par la ratification de son titre par le Sénat.  Il décide alors de se rendre à Rome pour légitimer son règne, laissant  une partie de ses troupes dans la ville. L'atelier balkanique continuera à frapper d'abondantes émissions monétaires même en l'absence de l'empereur afin de payer les garnisons militaires restées à Siscia.

L'iconographie de revers nous offre une représentation allégorique de la ville et de deux affluents du Danube qui se réunissent à cet endroit. Cette opportunité géographique offre entre autres avantages des voies navigables qui ont permis un bon développement des échanges commerciaux de la ville.

  • Savus, la Save (Sava en langues balkaniques) est un affluent du Danube, navigable sur 593 kilomètres entre Belgrade et Sisak (anciennement Siscia). Il coule à travers quatre pays : la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine et la Serbie.  Il se jette avant Belgrade dans le Danube. Mesurant 945 kilomètres de long, il est le plus important affluent du bord droit du Danube.
  • Colapis, le Colapis (Kupa ou Kolpa en langues balkaniques) est une rivière confluant dans la Save à Sisak (Siscia). Elle prend sa source en Croatie et forme la frontière naturelle entre le nord-ouest de ce pays et le sud-ouest de la Slovénie. 
Cette quatrième émission est frappée dans six officines différenciées par les marques à l'exergue (P, S, T, Q, V et VI)  associées à la marque de la réforme d'Aurélien (XXI). Si nous observons la marque à l'exergue de cet exemplaire, nous constatons que la lettre Q, notant la 4ème officine, a été changée  par un T, notant la 3ème officine. Nous pouvons distinguer par ailleurs que la queue de la lettre Q antérieurement gravée reste encore bien visible. Ce changement de lettre d'officine corrigé par le scalptor (retrouvé pour un seul coin de revers du type), nous laisse penser que le même graveur fournissait des coins simultanément pour plusieurs officines, du moins pour les officines 3 et 4. Notons sur cet exemplaire une cassure de coin à 6h00. Ce revers fut émis simultanément par 4 officines : T, Q, V et VI.


 
Détail du revers

mercredi 21 septembre 2011

La Concorde (Homonoia) d'Alexandrie de l'an V (279 - 280 apr. J.-C.)

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Description:

Alexandrie, 279-280 apr. J.-C.

Avers : A K M AYP ΠPOBOC CEB. (L'empereur César Marc Aurèle Probus Auguste). Buste lauré et drapé de Probus à droite.

Revers: LE. (An V). Homonoia (la Concorde) debout à gauche, drapée, levant la main droite et tenant une double corne d'abondance de la main gauche.

Poids : 8,74 g - Diamètre : 19 mm - Axe : 12h00 - Références : Sear n°12133 - Milne n°4595 - Dattari n°5534 - BMCG 2418

Commentaires :

Ce tétradrachme d'Alexandrie nous présente une allégorie classique dans le monnayage de ce IIIe siècle ; Homonoia pour les Grecs, Concordia pour les Romains, était la fille de Zeus et de Praxidiké, sœur d'Areté (la Vertu) et de Ktésios (le protecteur du foyer) selon un auteur alexandrin. Elle porte une double corne d'abondance, symbole de la prospérité et de la richesse portée par les dieux. Les Grecs lui avaient consacré un autel à Olympie. D'après Apollonius de Rhodes (ARG.II,718), les Argonautes lui auraient aussi construit un sanctuaire dans l'île de Thynias. 
Chez les romains, elle est le symbole de l'union politique entre les habitants d'une même région et de la bonne entente des citoyens entre eux (ainsi qu'au sein de la famille). Au début de l'histoire de Rome, on retrouve cette divinité sous les traits d'une Venus Cloacina qui aurait présidé l'alliance entre les romains et les Sabins. Le premier temple qui lui fut consacré sur le forum par Camile en 367 av. J.-C. n'existe plus. Un second construit en 304 av. J.-C. par Cn. Flavius, un troisième en 121 av. J.-C. par le consul Opimius, vainqueur de C. Gracchus et un quatrième temple érigé par L. Manlius au commencement de la deuxième guerre punique témoignent de la grande attention portée à cette divinité. Sous l'empire, cette divinité prend un caractère plus politique s'atachant à la personnalité même de l'empereur. Livie lui consacrera un nouveau temple à coté du Porticus Liviae.

Cette personnification de l'harmonie et de la bonne entente illustre parfaitement les relations politiques et sociales que souhaite entretenir Probus avec la ville d'Alexandrie et les autres provinces. Cet empereur militaire, porté par sa politique de réunification de l'empire, continue la mise en sécurité des frontières avec succès. La concorde symbolise alors l'unité retrouvée : suite aux nombreuses victoires sur l’ennemi, l'entente des différents peuples est  la condition essentielle au retour tant espéré de la prospérité de l'empire.

Le style de ces tétradrachmes (encore appelés potins par certains numismates) dénote une certaine rudesse dans la gravure des coins. Les figures sont faites en ronde-bosse, ne laissant que peu de place aux détails précis. Il est clair que la nature du métal employé pour ce monnayage est complètement différent de celui de l'aurélianus utilisé par les autres ateliers. Le savoir-faire des ouvriers de l'atelier d'Alexandrie a donc adapté à la nature du numéraire à l'émission. Cette monnaie destinée à une circulation locale répond aux besoins en numéraire, engendrés par les nombreux échanges commerciaux de cette région, riche de son artisanat et de ses productions agricoles.


 Détail du revers : Homonoia

mardi 12 juillet 2011

Le second Adventus de Probus à Serdica (280 ap. J.-C.)





Description :

Serdica, 280 ap. J.C., 4ème émission, 4ème officine .

Avers : IMP C M AVR PROBVS PIVS AVG (L'empereur César Marc Aurèle Probus Pieux Auguste) Buste radié et cuirassé de Probus à droite. (Buste Bastien : B)

Revers : SOLI INVICTO // KAΔ●, (Au soleil invincible). Sol radié, tête à gauche, dans un quadrige vu de face, levant la main droite et tenant un globe de la main gauche, la chlamyde entourée autour du bras.
 
Poids : 3,75 g - Diamètre : 22 mm - Axe : 6h00 - Références : RIC n° 865var. (4 exemplaires connus).


Commentaires :

Probus quitte la ville de Siscia  dans laquelle il a séjourné toute l'année 279 ap. J.-C. et arrive à Serdica en ce début d'année 280 ap. J.-C. L'empereur ne fait que transiter par Serdica car il doit passer le Bosphore pour se rendre à Cyzique et mener plus loin sa campagne d’Égypte. A cette occasion, il fait rouvrir l'atelier monétaire de Serdica et fête son second Adventus dans la ville. Continuant son chemin vers l'Orient, il ouvre de même sur son passage les ateliers de Cyzique, Antioche et Tripolis afin de satisfaire les besoins en numéraire pour payer la solde de l'armée romaine engagée à ces côtés.

Cet aurélianus est issue de la quatrième émission, reclassée pour l'année 280 ap. J.-C. par P. Gysen dans son article "Nouvelles données concernant l'atelier de Serdica sous le règne de Probus.", RBN 146, pp 15-29, année 2000. De nombreuses titulatures enthousiastes, presque lyriques à la gloire l'empereur caractérisent les monnaies émises lors de ce deuxième Adventus. En effet, on assiste à une explosion de combinaisons de titulatures et de bustes différentes dont beaucoup ne sont pas répertoriées jusqu’à présent, comme cette monnaie absente du RIC avec ce buste B. L'ajout de noms et d'adjectifs variés dans les titulatures de droit (Bono, Deo, Domino, Perpetuo, Invictus ou Pius comme sur cette monnaie) mettent en avant les qualités militaires et religieuses de l'empereur, lui conférant un statut presque divin à l'image de Sol, son dieu tutélaire. Partant une nouvelle fois combattre avec ardeur l'ennemi qui menace la suprématie de l'empire romain, l'atelier de Serdica consacre sur ces monnaies ce général infatigable, ultime gardien de la tranquillité territoriale.

Exergue pointée KA.Δ.

P. Gysen émet deux hypothèses sur le rôle des points dans les marques d'officines de cet atelier. Une première hypothèse met en avant le fait que la différence entre monnaies à "exergue pointée" et "non pointée" serait le résultat d'un changement de lot de métal (lingots de billon contrôlés) pour la production monétaire des officines. En effet, le métal utilisé pour la frappe depuis la réforme d'Aurélien garantissant un taux d'argent de 1 pour 20 (noté sur les aureliani à l'exergue par XXI ou KA )  devait faire l'objet d'un contrôle accru.
La deuxième hypothèse concerne l'organisation du travail au sein même des officines : il pourrait s'agir d'un signe différenciant le travail de deux équipes de production distinctes (équipe principale signant les monnaies non pointées et équipe de renfort signant avec des points) travaillant dans la même officine de façon indépendante avec leurs propres coins de revers, une équipe suppléant l'autre dans la production monétaire. La ponctuation constituerait donc un moyen de comptage du travail de chaque équipe permettant de vérifier facilement le rendement de chacune d'elles travaillant à des horaires différents.


Titulature IMP C M AVR PROBVS PIVS AVG